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<title>Un vieux désespoir de la chanson française... - vive-la-mort</title>
<description>Nouvelles balises après mutation</description>
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<lastBuildDate>Sun, 27 Dec 2009 23:28:17 +0100</lastBuildDate>
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<title>SOS détresse</title>
<link>http://foxysback.hautetfort.com/archive/2009/11/11/sos-detresse.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (foxysback)</author>
<category>Vive la mort</category>
<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 16:43:39 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avec ce &quot;taxiphonant d'un pack de kro&quot;, nous voici à la transition de l'album. Sur un gimmick de guitare aux accents bluesy, voici notre Thiéfaine qui soliloque. D'une voix qui n'est pas sans rappeler celle de ces premiers albums, il déclame sa solitude et sa détresse dans un discours qui mélange noirceur absolue et humour, noir également.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; SOS amitié est une structure qui existe réellement. Par téléphone, le but est d'écouter, d'encourager, d'échanger, de secourir. Noble cause, indiscutable et utile. Mais aussi chair à provocation, comme cela était déja le cas dans une pièce de théâtre sortie à la même époque, à savoir &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Le père Noël est une ordure&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Chacun connaît cette pièce de théâtre devenue film, qui raconte un soir de Noël calamiteux&amp;nbsp;à la permanence d'une station téléphonique, &lt;em&gt;S.O.S. détresse amitié.&lt;/em&gt; Pierre et Thérèse y sont perturbés par l'arrivée de personnages&amp;nbsp;grotesques et farfelus, qui provoquent des catastrophes en chaîne.&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://foxysback.hautetfort.com/media/00/01/1364269211.jpg&quot; alt=&quot;ph5jpg-a4496a449-88a56.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2095599&quot; /&gt;Brutale, ordurière et sans foi ni loi, cette pièce dynamite les bonnes consciences charitables (Thérèse la neuneu coincée et Pierre le bourgeois rigide) tout autant que ceux qu'ils sont censés secourir (un travesti exaspérant, une simplette agressive et un voleur minable). Tout le monde y est affreux, sale et méchant, de la rombière frustrée au voisin trop gentil. Une pièce décapante qui ridiculise tout ce qui bouge sans distinction.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le texte de Thiéfaine s'inscrit dans la même veine. Radical et subversif, il dégomme la religion (&quot;2000 ans que j'ai plus faim&quot;), les valeurs familiales (la famille Duraton, avatar de la famille Fenouillard et la compassion (la carte vermeil pour les personnes âgées) des bien-pensants pour les personnes en détresse. Mais force est de constater que cette &quot;voie de garage&quot; ne conduit qu'à une réponse déhumanisée symbolisée par le répondeur automatique.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette chanson, pas si noire que cela au final, est d'abord un clin d'oeil un peu potache aux jeunes années de Thiéfaine. La voix, l'ambiance, la brièveté du texte rappellent bien les 3 premiers albums. Sur un mode caustique et délirant, Thiéfaine livre sa vision de la déprime la plus intense et la plus forte. Mais si le texte se conclut sur une note fort pessimiste, l'auteur n'en reste pas moins lucide. Au fond du trou certes, mais les idées claires sur un choix qui doit se faire maintenant : poursuivre la descente jusqu'à la mort ou lutter encore pour repartir. C'est en cela que ce court texte peut être considéré comme le morceau charnière de l'ensemble de l'album.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau&quot;, la tentation du suicide habite l'oeuvre de Thiéfaine. Mais à l'inverse d'un Nerval, d'un Gary ou d'un Stephan Zweig, l'acte est évoqué, tourné et retourné sans être au centre de l'oeuvre. La déchéance et la mise en danger de soi-même sont omniprésentes, entraînant une fréquentation assidue de la mort et de ses environs. Mais le génie de Thiéfaine est peut-être de s'y frotter sans s'y brûler, et de toujours remonter à la surface. Eros ûber alles, c'est ce que permettra de voir le reste de l'album.&lt;/p&gt;
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<title>Ils sont votre épouvante...</title>
<link>http://foxysback.hautetfort.com/archive/2009/08/17/ils-sont-votre-epouvante.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (foxysback)</author>
<category>Vive la mort</category>
<pubDate>Mon, 17 Aug 2009 22:31:38 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Ce petit billet rapide, c'est juste pour rendre hommage à une grande figure du polar qui vient de disparaître : Thierry Jonquet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://foxysback.hautetfort.com/media/00/01/1733797666.jpg&quot; alt=&quot;Jonquet.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1930519&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec son écriture clinique et engagée, parfois jusqu'à l'excès, cet ancien gauchiste savait rendre la déshérence des ex &quot;banlieues rouges&quot;, la misère quotidienne du genre humain, mais aussi sa grandeur... parfois.&lt;br /&gt; Si vous ne connaissez pas, je vous conseille &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Mon vieux&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Mygale&lt;/span&gt; ou encore &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La bête et la belle&lt;/span&gt;. Un de ses romans, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;les orpailleurs&lt;/span&gt;, a servi de trame à la série &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;boulevard du palais&lt;/span&gt;. Et il se dit que Almodovar va adapter &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Mygale&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il continuera à vivre, car &quot;rouge c'est la vie&quot; !&lt;/p&gt;
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<title>Quand il est mort le poète...</title>
<link>http://foxysback.hautetfort.com/archive/2009/03/15/quand-il-est-mort-le-poete.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (foxysback)</author>
<category>Vive la mort</category>
<pubDate>Sun, 15 Mar 2009 18:17:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tous ses amis pleuraient, dit la chanson...&lt;br /&gt; Ce soir, nous sommes nombreux à pleurer celui qui était sans conteste, la plus grande figure actuelle de la chanson française. Une oeuvre exigeante et ouverte, hermétique et populaire, pessimiste et humaniste. Un très grand musicien, un interprète hors norme. Une présence extraordinaire, toute de bienveillance et d'intensité...&lt;br /&gt; Alain Bashung est mort, il était un magicien, un sorcier vaudou, un alchimiste de la musique et du verbe. Il nous quitte sur un&amp;nbsp; dernier album magnifique et des concerts incandescents. Il nous laisse ses chansons à écouter...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://image.mabulle.com/p/pe/penseesderonde.mabulle.com/bashung_zoom.jpg&quot; alt=&quot;bashung_zoom.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;&lt;i&gt;Un jour je parlerai moins&lt;br /&gt; Jusqu'au jour ou je ne parlerai plus&lt;/i&gt; &quot;&lt;/p&gt;
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<title>Dies irae</title>
<link>http://foxysback.hautetfort.com/archive/2008/07/10/dies-irae.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (foxysback)</author>
<category>Vive la mort</category>
<pubDate>Sat, 28 Feb 2009 11:33:39 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Deuxième billet concernant &quot;Alligators 427&quot;, pour nous intéresser cette fois à l'écriture et aux significations symboliques de ce texte.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Ce qui frappe d'emblée dans ce texte, c'est l'abondance des figures de style qui concourent à donner donner une impression d'étrange et plus encore, de fantastique. Le fantastique me semble bien être ce qui caractérise le mieux ce texte : Au milieu d'un monde qui était en apparence tranquille, voila que surgissent des monstres incroyables, et voila que la réalité se déforme sous les coups de boutoir des mots de Thiéfaine. Répétitions de l'adresse (&quot;alligators 427&quot;) et du final (&quot;je vous dis bravo et vive la mort&quot;), ostinato (&quot;vive la mort&quot;), abondance des images (métaphores comme &quot;étrange carnaval&quot;, &quot;grand feu&quot;, &quot;alchimie&quot;, synecdoques et surtout hyperbole quasi permanente), voila bien un langage qui s'attaque au réel pour le travailler, le déformer, le rendre tel que se la figure le poète halluciné. A ce titre, après le thème de l'Apocalypse, celui de l'alchimie me paraît prépondérant.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Reprenons le titre : Alligators 427. A 427... Un article de loi traitant du nucléaire, comme ce fut dit dans divers forums ? Une réminiscence d'une période ou Thiéfaine a travaillé dans le nucléaire, avec un tunnel d'une longueur de ce type, comme suggéré par un Conseiller Maritime bien connu ? On ne sait, et peu importe au fond : L'important pour moi, c'est qu'à cette invocation magique d'un nom aux sonorités bien précise, se mêle un nombre. Et alors me direz-vous ? Alors :&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;ALLIage-d'OR + Nombre (&quot;Nombre d'or&quot;). Quoi de plus alchimique ?&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Grand feu+griller, donc fusion. Ajoutez à cela les métaux et les pierres précieuses (or, jaspe, diamant, argent). Quoi de plus alchimique ? D'ailleurs, si on regarde la progression des matières dans le texte, on constate qu'on passe du tissu et des épices aux métaux vils (le zinc), puis aux métaux plus nobles et enfin aux pierres précieuses.&lt;br /&gt; Et si finalement, le nucléaire n'était pour Thiéfaine, que le récit d'une transmutation alchimique qui serait en train de rater ? Une transmutation qui dégénérerait en &quot;mutation&quot; et finalement provoquerait la perte de l'espèce humaine. Il est à noter que le dernier texte de l'album précédent contenait déjà un écho troublant : &quot;tu verras tous ces petits alchimistes/pulvériser un continent&quot;.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Au delà de l'apocalypse et de l'alchimie, la signification symbolique de ce texte réside enfin pour moi, dans cette thématique thiéfainienne de l'humanité courant à sa perte. Que ce soit par le jugement dernier, la pollution ou la maladie, l'Homme reste pour Thiéfaine le principal sinon l'unique responsable d'une catastrophe annoncée et inéluctable. De nombreux textes en seront plus tard l'écho (&quot;fin de millénaire&quot;, &quot;quand la banlieue...&quot;, &quot;femmes de Loth&quot;, &quot;terrien t'es rien&quot;, &quot;dans quel état Terre&quot;).&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Mais alors, comment échapper à ce feu intérieur ou extérieur, à cette inéluctable punition ? Comment trouver un peu d'humanité dans ce chaos ? C'est ici mon cher Arnaud, que le Phénix prend sa place (mais ce n'est que mon avis).&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images.google.fr/url?q=http://jlhuss.blog.lemonde.fr/files/2007/06/phenix.1181047853.jpg&amp;amp;usg=AFQjCNF-oH7gVNAdnTHQ587TxCElUK5APw&quot; alt=&quot;phenix.1181047853.jpg&amp;amp;usg=AFQjCNF-oH7gVNAdnTHQ587TxCElUK5APw&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;A contrario de ce feu nucléaire que les humains ne peuvent maîtriser, c'est au poète de se faire &quot;voleur de feu&quot; (Rimbaud encore) pour aller chercher une raison d'être et de vivre. Ce passage dans le feu, c'est l'épreuve du réel, dont le poète sort plus fort et ressourcé... Et sa pratique alchimique à lui, c'est bien sûr le travail sans fin sur le langage : prendre et reprendre un texte, caler les images, trouver de nouveaux mots (&quot;destructive&quot; est un anglicisme utilisé uniquement dans le vocabulaire du...nucléaire !), de nouvelles comparaisons et de nouveaux thèmes. Le poète, rescapé du réel, l'a dompté en maîtrisant un feu tout aussi dangereux, sinon davantage : les mots. Je conclurai avec cette magnifique citation de Pierre Reverdy :&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&quot;Le poète est un four à brûler le réel&quot;...&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.universalis.fr/images/corpus/medias/mini/v11/photo.jpg/ph040773.jpg&quot; alt=&quot;ph040773.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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<title>Le feu du ciel</title>
<link>http://foxysback.hautetfort.com/archive/2008/07/05/peur-nucleaire.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (foxysback)</author>
<category>Vive la mort</category>
<pubDate>Sat, 28 Feb 2009 11:32:54 +0100</pubDate>
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&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Attention chef-d'oeuvre ! Pour terminer l'album &quot;Autorisation de délirer&quot;, nous abordons ici, ce que je considère comme le premier grand texte de Thiéfaine. Dans mon album idéal d'Hubert, il serait le seul avec &quot;Je t'en remets au vent&quot; que je retiendrais des trois premiers albums, si j'avais à choisir une quinzaine de titres. Non que je n'aime pas les autres chansons, mais là, c'est vraiment du lourd !&lt;br /&gt; Le texte se construit selon une double logique : logique de répétition presque obsessionnelle et logique de montée en puissance et en tension. Chaque couplet est construit sur une première approche très sensitive et sensorielle, qui fait émerger des créatures de cauchemar qui ne sont pas sans rappeler les mythiques dragons.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img182.imageshack.us/img182/7900/161headg0oixj7.jpg&quot; alt=&quot;161headg0oixj7.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;Cette approche/accroche peut s'apparenter à une invocation du monstre. A la manière d'un sorcier en proie à une transe chamanique, l'auteur invoque la Bête en la nommant par ses attributs physiques (ailes, queue, yeux, crocs, griffes et enfin cerveau). Cette représentation hallucinée est accentuée par la force des images, comme si la perception sensorielle du poète était décuplée : odeurs (safran), toucher (cachemire, le zinc), goût (le sang), vue (phosphorescents, or, argent, jaspe, diamant), voila tous les sens sollicités. Et l'ouïe ? Et bien, le rythme s'en charge, avec un ostinato rythmique qui nous apparaît comme un grondement de bêtes certes lointain mais de plus en plus présent au fur et à mesure que se précise la menace.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Une menace est donc présente et se rapproche. A la manière de Rimbaud, HFT se fait donc &quot;voyant&quot; : &quot;Le poète se fait &lt;i&gt;voyant&lt;/i&gt; par un long, immense et raisonné &lt;i&gt;dérèglement de tous les sens&lt;/i&gt;. Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences.&quot;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;A. Rimbaud, lettres dites &quot;du voyant&quot;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Sorcier, voyant, chaman, le poète est surtout &lt;b&gt;PROPHETE&lt;/b&gt; et cette chanson est à la fois un travail d'invocation du monstre et d'annonce de sa venue. La métaphore de l'Apocalypse est constante dans la chanson, elle s'amplifie même tout au long du texte :&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;D'abord, la référence au &quot;grand feu&quot;, qui peut être comprise soit comme le feu de l'enfer suite au jugement dernier, soit comme un feu de Saint-Jean, fête païenne et antéchrist aux yeux de l'Eglise.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Ensuite, dans l'Apocalypse de Jean, la venue du châtiment divin est annoncée par des &quot;anges&quot; qui deviennent &quot;nucléaires&quot; chez Thiéfaine. Enfin, Dieu punit ceux qui portent la marque de la Bête, et l'arrivée de ce jugement est annoncée par des trompettes comme celles qui résonnent à la fin du morceau.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Texte de sorcellerie, chamanique et prophétique, la chanson ne se contente pas d'une structure répétitive et obsessionnelle. Elle progresse et gagne en intensité et en précision, au travers de thèmes qui traversent le texte :&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;D'abord, la nature du danger. D'abord flou (une mutation), il se précise et dévoile peu à peu sa nature (nucléaire, compteur geiger, métamorphose, centrales, cancer, allusion au scientifique Louis Leprince-Ringuet).&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Ensuite, la résignation morale du narrateur qui s'accentue : d'abord ricanant et moqueur comme un petit enfant (mouche mon nez, remonte mes chaussettes), il prend peu à peu l'attitude du condamné à mort (dernière cigarette) qui va au suicide avec dignité et fatalisme (allusion à la ciguë de Socrate).&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.reduplikation.net/IMG/jpg/Socrate_La_mort_de.jpg&quot; alt=&quot;Socrate_La_mort_de.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;Enfin, la montée en puissance de la &lt;b&gt;MORT&lt;/b&gt;. Présente de manière récurrente à la fin de chaque couplet, dans un refrain ironique et dérisoire à la fois, elle ne cesse de prendre une place de plus en plus importante : Souffrance (le besoin de morphine), agonie, guerre, maladie, décomposition, jusqu'à ce que la mort devienne &quot;un état permanent&quot;. La fin est consommée, les cavaliers de l'Apocalypse sont sur Terre (Guerre, Mort, Famine et Maladie), il n'y a plus d'autre choix que d'attendre...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Attendre le prochain billet, qui vous parlera de la puissance stylistique de cette chanson, de ses diverses interprétations et de sa force symbolique... Ben oui, un peu de suspense ne nuit pas !&lt;/div&gt; 
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<title>Je suis un pauvre fossoyeur</title>
<link>http://foxysback.hautetfort.com/archive/2008/01/16/je-sui-un-pauvre-fossoyeur.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (foxysback)</author>
<category>Vive la mort</category>
<pubDate>Wed, 25 Feb 2009 22:27:27 +0100</pubDate>
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&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Et voici venir, en ce beau soir d'hiver, mesdames et messieurs, une des chansons d'Hubert qui ont durablement marqué l'imaginaire de ses fans : &quot;Maison Borniol&quot;. Chanson marquante et importante selon moi, à plusieurs titres.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Cette &quot;chanson&quot; n'en est une qu'en partie. Elle fait une nouvelle fois, une grande place au style &quot;parlé&quot;, que ce soit en début ou en fin de morceau. Deux monologues très alcoolisés et fortement teintés d'humour noir, entourent une partie chantée. Voyons-les séparément si vous le voulez bien :&lt;br /&gt; - Premier monologue. Très surjoué, il campe un personnage de croque-mort alcoolique, vicieux et vénal. &quot;Consolant&quot; les veuves à sa façon,&amp;nbsp; cynique à souhait, profiteur du malheur des autres, le personnage de Borniol est un archétype, celui d'une véritable &quot;mouche à formol&quot;. La montée du son, la voix hésitante, tout concourt à poser un personnage répugnant, visqueux et qui ne peut être sympathique à aucun égard. On pense à un personnage de film noir ou de films de la &quot;Hammer&quot;, ou encore à un &quot;Freak&quot; aussi hideux au moral qu'au physique.&lt;br /&gt; - Changement de décor à la partie chantée : un son très rock, un peu saturé, qui contraste avec le début de l'album. Une puissante montée d'accords, un petit solo, voila déjà une attaque musicale un peu plus dynamique ! Et puis, Borniol rêve... Un rêve de gloire et de richesse, ou la métaphore du &quot;supermarché&quot; et de la grande distribution est introduite. La voix suit le mouvement, forte, chaude et presque caressante par moments...&lt;br /&gt; - Et le climax cesse tout aussitôt ! Revoici le pauvre alcoolo poisseux, véreux et glauque du début. La mort elle-même revient en soldes.&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://foxysback.hautetfort.com/media/02/02/2dde6170fac0bd97cd372973826473a0.jpg&quot; id=&quot;media-777729&quot; alt=&quot;bfb6db5f138de140149dd2308da5e0f8.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-777729&quot; /&gt;Quelle portée pour cette chanson ? Un exorcisme pour contrer la peur de la mort ? Une grosse blague potache ? Peut-être les deux à la fois. Borniol y est grandiose et ridicule, rejoignant sans cesse le &quot;sublime et le grotesque&quot; chers à Victor Hugo. Figure archétypale, il représente aussi une dénonciation de l'exploitation de la douleur humaine. La maison &quot;Henri de Borniol&quot; était une grande entreprise de pompes funèbres, mais d'autres entreprises ont depuis, montré qu'il était possible de gérer la mort de façon à en tirer des profits à grande échelle.&lt;br /&gt; Quoi qu'il en soit, la mort est une nouvelle fois présente dans l'album, et ce ne sera pas la dernière. Et puis, la &quot;veuve du fossoyeur&quot; attend son tour pour le troisième album. Les thèmes mortuaires et morbides n'en sont qu'à leurs débuts dans l'écriture de Thiéfaine.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Une petite citation&amp;nbsp; pour faire un lien : &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;small&gt;&quot;Dieu sait qu'je n'ai pas le fond méchant&lt;br /&gt; Je ne souhait' jamais la mort des gens&lt;br /&gt; Mais si l'on ne mourait plus&lt;br /&gt; J'crèv'rais de faim sur mon talus&lt;br /&gt; J'suis un pauvre fossoyeur&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les vivants croient qu'je n'ai pas d'remords&lt;br /&gt; A gagner mon pain sur l'dos des morts&lt;br /&gt; Mais ça m'tracasse et d'ailleurs&lt;br /&gt; J'les enterre à contrecœur&lt;br /&gt; J'suis un pauvre fossoyeur&lt;/small&gt; &quot;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;G. Brassens, on le voit, donne une toute autre image du métier et du personnage !&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Pour finir, cette chanson a aussi un douteux privilège : Celle d'être l'une des plus réclamées par les &quot;fans&quot; en concert ! Bien sûr, l'individu qui &quot;demande&quot; la chanson est en général à classer parmi les personnes les plus fines, élégantes et raffinées du public... Je déconne, bien sûr !&lt;br /&gt; Ceci est donc un appel au peuple thiéfainien, pour que cessent&amp;nbsp; ces brailleries et beuglements divers qui ponctuent les concerts :&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&quot;BOOOORRRNIIIOOOLLL !!!&quot;,&amp;nbsp; et autres &quot;ALLIIIGATOOOOOORS !!!&quot;.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Ta gueeuuulllee !!!&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; 
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