16.01.2008
Je suis un pauvre fossoyeur
- Premier monologue. Très surjoué, il campe un personnage de croque-mort alcoolique, vicieux et vénal. "Consolant" les veuves à sa façon, cynique à souhait, profiteur du malheur des autres, le personnage de Borniol est un archétype, celui d'une véritable "mouche à formol". La montée du son, la voix hésitante, tout concourt à poser un personnage répugnant, visqueux et qui ne peut être sympathique à aucun égard. On pense à un personnage de film noir ou de films de la "Hammer", ou encore à un "Freak" aussi hideux au moral qu'au physique.
- Changement de décor à la partie chantée : un son très rock, un peu saturé, qui contraste avec le début de l'album. Une puissante montée d'accords, un petit solo, voila déjà une attaque musicale un peu plus dynamique ! Et puis, Borniol rêve... Un rêve de gloire et de richesse, ou la métaphore du "supermarché" et de la grande distribution est introduite. La voix suit le mouvement, forte, chaude et presque caressante par moments...
- Et le climax cesse tout aussitôt ! Revoici le pauvre alcoolo poisseux, véreux et glauque du début. La mort elle-même revient en soldes.
Quelle portée pour cette chanson ? Un exorcisme pour contrer la peur de la mort ? Une grosse blague potache ? Peut-être les deux à la fois. Borniol y est grandiose et ridicule, rejoignant sans cesse le "sublime et le grotesque" chers à Victor Hugo. Figure archétypale, il représente aussi une dénonciation de l'exploitation de la douleur humaine. La maison "Henri de Borniol" était une grande entreprise de pompes funèbres, mais d'autres entreprises ont depuis, montré qu'il était possible de gérer la mort de façon à en tirer des profits à grande échelle.Quoi qu'il en soit, la mort est une nouvelle fois présente dans l'album, et ce ne sera pas la dernière. Et puis, la "veuve du fossoyeur" attend son tour pour le troisième album. Les thèmes mortuaires et morbides n'en sont qu'à leurs débuts dans l'écriture de Thiéfaine.
Je ne souhait' jamais la mort des gens
Mais si l'on ne mourait plus
J'crèv'rais de faim sur mon talus
J'suis un pauvre fossoyeur
Les vivants croient qu'je n'ai pas d'remords
A gagner mon pain sur l'dos des morts
Mais ça m'tracasse et d'ailleurs
J'les enterre à contrecœur
J'suis un pauvre fossoyeur "
Ceci est donc un appel au peuple thiéfainien, pour que cessent ces brailleries et beuglements divers qui ponctuent les concerts :
18:50 Publié dans Vive la mort | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : chanson française, mort
28.11.2007
Marcia ne danse plus
Finie la variety, plus personne ne sing sous la shower et le feulement rauque et sourd d'une des guitares les plus reconnaissables entre toutes, vient de s'éteindre à jamais. No comprendo, ça c'est sûr, et la cantatrice chevelue est maintenant orpheline de son drôle de Zébulon.
Figure dégingandée et tordue, doigts de fée, sens musical rare, présence scénique, c'était l'étrange Monsieur Fred... Un personnage burtonien ou keatonien si on veut, un échalas égaré dont les propos acérés venaient démentir la nonchalance apparente. Une rythmique entêtante sur "Marcia Baila", le sens du fonk et du rock, l'envie de risques et le refus du réchauffé, et puis des souvenirs d'ados, de boums et de sorties en boîte.
Ce soir, je suis bien triste.

21:05 Publié dans Vive la mort | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : musique, chanson française, mort
25.11.2006
Un mort seulement ?
Match de foot : 4 buts à 2, 1 mort à 0. Quelle aubaine pour nos médias ! Plus facile et gratifiant que de parler des milliers de vicitimes des attentats en Irak ou du terrorisme institutionnalisé en Colombie, ou encore des civils crevant les tripes à l'air au soleil du Darfour... Moi, je me contente de me poser quelques questions :
Première question : Pourquoi les instances nationales du football, le club du Paris-Saint-Germain, la ville de Paris, la préfecture de police, le ministère de l'intérieur et tutti quanti, tolèrent-ils depuis des années, ces groupuscules fascisants et malfaisants ?
Deuxième question : Pourquoi la loi n'est-elle pas appliquée, qui prévoit que ces groupes soient dissous et renvoyés dans leur trou à m... originel ?
Troisième question : Pourquoi ce match n'était-il pas classé "à risques" ? Après tout, ce n'était jamais qu'une rencontre entre un club israélien et le club qui compte les supporters les plus racistes et antisémites de France. Aucun risque, donc...
Quatrième question : Pourquoi un ministre si prompt à karchériser la racaille lorsque qu'elle est mate ou bronzée, l'est-il beaucoup moins dès lors qu'elle est plutôt blanche de peau ?
Cinquième question : Pourquoi les fonctionnaires de terrain, quelle que soit leur administration, sont-ils laissés seuls à gérer la violence et la misère quotidienne ? Fatalement, on fait des bêtises. Mais je suppose que nos gouvernants, qui vont au stade en loge VIP, n'ont pas ce genre de problème...
Sixième question : Pourquoi, dans un pays riche et prospère comme le nôtre, les gens n'arrivent-ils plus à vivre ensemble ?
Que de questions ! ![]()
Mais rien de tout celà n'est important, au fond. Je dois avoir mauvais esprit...
Fox
17:05 Publié dans Vive la mort | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : banlieue


