12.12.2009

Mon cheval écorché m'appelle au fond d'un bar

Ainsi donc, de bien heureux impératifs de travail m'avaient conduit ce jeudi soir à Paris. Désireux d'en profiter, je me suis rendu à la soirée "Dommage à Thiéfaine" comme exposé dans la note précédente.
J'y suis arrivé à l'heure, contrairement à la Tête de Dragon et à la Religieuse Collante qui étaient également présents ce soir-là et que j'ai eu le plaisir de croiser un peu plus tard. Le bar est très sympa, joliment décoré façon "cabaret réaliste" et peuplé de chevelus, de barbus, de néos-babos et de zicos. Enfin, zicos, on aura l'occasion d'en reparler !
Le principe est simple : Un concert "improvisé" ou qui veut (des habitués du lieu apparemment) vient reprendre des chansons sur un thème ou autour d'un artiste. C'est frais, sans prétention et exécuté avec beaucoup d'humour.

J'ai donc aimé :
- L'ambiance. Sympathique, décontractée et sans chichis. Le public est indulgent et bon enfant, la bonne humeur était au rendez-vous.
- Le bar, lieu de passage évident dans le quartier. Petit mais bien aménagé, avec un patron extrêmement agréable et accueillant. Une expo de  dessins au mur, de la bonne zique en fond sonore, des consos pas trop chères... Bref,un endroit comme il en existe hélas de moins en moins dans Paris.
- Les arrangements de certaines reprises, "Exil sur planète fantôme" en particulier (Uther n'a pas pu entendre, il a sans doute loupé le meilleur !). Le côté "chanson réaliste" donné à Thiéfaine par certains des guitaristes était agréable et intéressant.
- La cancoillote à volonté !
- La convivialité. Vite repéré car donnnant toutes les réponses au quizz "spécial Thiéfaine", j'ai également secouru quelques-uns des interprètes en galère de texte (j'y reviendrai) et j'ai fini la soirée à faire le boeuf sur "la fille" avec l'ensemble de la fine équipe à leur invitation. Pas bégueules et bien sympas donc, les repreneurs de Thiéfaine ! Dommage qu'aucune photo n'ait pu immortaliser le Foxy guitare en main et s'époumonnant sur scène !

J'ai moins aimé :
- La faible culture thiéfainesque de l'ensemble. Peu de fans purs et durs, mais c'était prévu. En revanche, les reprises montraient que les participants en étaient resté à la période 70-mi 80. La set list est édifiante (dans l'ordre des albums) :
- Je t'en remets au vent
- La fille du coupeur de joints
- La vierge au dodge 51
- Dernière station avant l'autoroute
- Rock-autopsie
- Alligators 427
- 113ème cigarette sans dormir
- Exil sur planète-fantôme
- Solei cherche futur
- Lorelei Sebasto Cha
- Droïde song
Que du neuf, donc !  On s'arrête à la fin des années 80, et basta !

- Le fait que les participants en soient restés à une image "joint/défonce/déprime/mort" de Thiéfaine. Rigolotes au départ, les blagues sur le Thiéfaine dépressif et défoncé étaient un peu lassantes à la fin.
- Enfin, le côté "limite" de certaines interprétations. C'est vrai que l'ambiance était cool, mais quand même. Plantages de texte en série (la palme sur "Droïde Song"), airs des chansons retrouvés au petit bonheur (il fallait pouvoir reconnaître "113ème cigarette sans dormir" !), arrangements douteux (un accord inconnu scellant la fin du refrain de "je t'en remets au vent"... avec un effet sonore assez inédit et probablement assez faux) et j'en passe. Le summum : une interprétation de "Droïde Song" qui a mangé les trois-quarts du texte et une de "Rock Autopsie" à la contrebasse, hum... Ben, pour chanter du rock, faut être un peu rock, quoi !

Bon, cela n'enlève rien au fait que j'ai passé une excellente soirée. Invité à boeufer, nous nous sommes tous époumonnés sur "la fille du coupeur de joints" pour conclure une soirée riche en rencontres et en fous rires (notamment à l'écoute de "Droïde Song"). Le Zic Zinc est donc un bar d'excellent aloi ou j'aurai plaisir à aller traîner mes guêtres pour une prochaine visite à Paris !

Keep on rockin' et à bientôt tout le monde !

07.12.2009

Dommage à Thiéfaine !

Bonsoir tout le monde. Beaucoup de choses à faire en ce moment, ce qui explique le calme régnant sur ce blog. Pour vous faire patienter, une petite annonce de concert. Non, ce n'est pas Hubert en personne qui régale, mais c'est tout comme. Jugez plutôt :

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"Dommage à", tel est le concept ! Cela se passe au Zic Zinc à Paris, jeudi prochain (10 décembre donc) à partir de 20 heures 30. Le Zic Zinc, c'est au 39 rue St-Maur, dans le XIème et ça m'a tout l'air d'être un endroit tout ce qu'il y a de bien.

Le principe si j'ai bien compris : On vient, on joue (ou pas), on chante (ou pas), on boit et on rend surtout un grand hommage à Thiéfaine !
Je serai sur Paris en fin de semaine et j'espère bien être là jeudi soir pour pouvoir faire un tour à cette soirée qui promet. Une chose est certaine : le grand Uther Pendragon, figure de la basse thiéfainesque, sera présent. En revanche, pas d'Animal Bluesymental ni de Lunar, retenus par d'autres obligations.

En tout cas, si j'y suis, je vous rapporterai quelques nouvelles fraîches, des impressions de concert, des morceaux d'ambiance parisienne et peut-être de nouvelles connaissances et de nouveaux thiéfainautes.


A jeudi j'espère !

22.10.2009

Mes séquelles

A l'heure ou la maison de disque sort un "coffret" super-méga-bien-tellement-il-est-bien que la seule chose dont on est certain, c'est qu'il va falloir encore raquer (ce que je ne ferai pas !), j'ai décidé de vous présenter mes séquelles à moi. Mon best-of perso, c'est à dire les 30 chansons de Thiéfaine que je préfère. Pas de classement, juste un ordre chronologique. Pas d'explication non plus, à vous de voir si vous en êtes d'accord. Les voici :

Studios0.jpgJe t'en remets au vent
Alligators 427
Vendôme gardenal snack
Narcisse 81
Mathématiques souterraines
Cabaret Sainte-Lilith
Exil sur planète-fantôme
Soleil cherche futur
Autoroutes jeudi d'automne
Les dingues et les paumés

Studios5.jpgStalag-tilt
Femme de Loth
Affaire Rimbaud
Sweet Amanite Phalloïde Queen
Pulque mescal y tequila
Septembre Rose
Droïde Song
Un automne à Tanger
Portrait de femme en 1922
Villes natales et frenchitude

Studios9.jpgCrepuscule-transfert
Animal en quarantaine
Juste une valse noire
Des adieux...
La ballade d'Abdallah Geronimo Cohen
Camelia : huile sur toile
Les fastes de la solitude
Confessions d'un never been
L'étranger dans la glace
Annihilation

Voila ! C'est partiel et partial, totalement subjectif. Ce sont mes séquelles, quelles sont les vôtres ?

13.09.2009

Des news au tarif de nuit

Grande période de flemme actuellement, qui se ressent sur ce blog. Ce n'est pas une raison pour ne pas donner des nouvelles d'Hubert et de ses fans, alors en voici :

Thiéfaine officier ! Et oui, dans l'ordre des arts et des lettres, depuis août dernier. Ce qui implique d'ailleurs qu'il était déja chevalier dans cet ordre... Une reconnaissance de l'oeuvre d'un grand artiste, c'est bien.

Dans un autre ordre d'idée et dans la série "visions moites et brûlantes", je vous propose une petite vidéo très sympa : Une reprise familiale (duo père/fils) d'un classique de Thiéfaine : "Animal en quarantaine". Sans prétention mais très émouvant, on y sent une vraie complicité. J'adore !

Tommie publiée !! Et oui, poèmes des sombres jours vient de paraître aux éditions Bénévent. Disponible sur commande en librairie et sur le web. Aux frontières du rock et du slam, Tommie écrit comme elle crie, sans artifices ni conventions. Allez voir son blog, il est en lien pour un moment de découverte et de partage.

Merci Tommie et à bientôt !!

07.08.2009

Dévédé 2, le retour de la revanche

Pour avoir une vue complète, voici le deuxième billet à propos du DVD Thiéfaine. Avec toujours les coms d'origine...

"Suite aux commentaires sur ce blog, ainsi que sur divers forums (dont celui de planète Thiéfaine), quelques précisions :
Je suis déçu, non par le spectacle, mais par les choix de réalisations. Je continue de m'expliquer là dessus : lorsqu'on fait un DVD, c'est une oeuvre en soi. Il est intéressant qu'il contienne quelque chose de plus. Pour un DVD live, ce serait : l'ambiance du public, des séquences backstage importantes, un interview, des extraits de la tournée en solitaire, que sais-je ? Lorsque, entre autres, Fersen, Iron Maiden, Metallica, Bashung ou Tryo font des DVD, il ya un quelque chose en plus, pour le public. Là, je vois un long vidéo-clip. Ou est l'intérêt ? Le son manque de pêche, l'ambiance n'est pas là...
Je n'ai rien contre le concert, mais quel intérêt de sortir un produit aussi formaté et aseptisé ?
Pour finir, je dis : "je n'aime pas ce DVD". Je ne dis pas qu'il est nul dans l'absolu (quoique, pour le montage et la réalisation, vraiment... ouh que j'ai du mal !).

Enfin, j'ai du mal, mais j'aime souffrir. Dur, la "fanitude attitude" !"

Dévédé dévalué

Idem pour les rééditions de vieux billets, voici la chronique du DVD du "Scandale Mélancolique Tour", DVD qui avait provoqué quelques remous à l'époque. Rappel : billet ancien, donc commentaires fermés. Un billet tout neuf d'ici quelques jours, promis !

"Il est arrivé, le nouveau dévédé d'Hubert, celui du scandale mélancolique tour, celui du concert du zénith. Cette tournée, j'en ai vu quelques uns, des concerts qui l'ont composée. Je pense que l'enregistrement à la Cigale aurait été meilleur car c'est une salle qui convient mieux à Hubert. De plus, ce concert n'était pas le meilleur de la tournée. Ceci pour expliquer ce qui va suivre...
Parce que, quand même : comment, avec un artiste comme Thiéfaine, peut-on en arriver à faire un produit aussi fade, balisé, formaté, nunuche et creux à ce point ? Je suis déçu et le mot est faible ! Je m'explique :
- Le son, retravaillé comme il se doit. C'est normal. Mais pourquoi faire une telle place aux claviers, alors qu'ils n'en avaient qu'une marginale pendant la tournée ? Pourquoi aussi peu de pêche et de puissance, alors que cette tournée était la plus rock d'Hubert depuis Fragments d'hébétude ?
- L'ambiance. Comment peut-on à ce point zapper le public ? Dans un concert de THiéfaine, un des intérêts (une des émotions), c'est le public qui chante et qui soutient le chanteur, qui reprend les hymnes et les transporte. Pffui, envolés les choeurs ! Sauf sur la sempiternelle "fille du coupeur de joints"... Bonjour l'ambiance !

- Enfin, le "filmage" et le montage. Les réalisateur/monteur and co, qu'en dire ? Rien, sinon que je tairai leur nom car ils feraient mieux de se cacher ! Filmer et monter ne sont pas des mots justes en l'occurence : tronçonner, hacher, bûcheronner seraient plus appropriés ! Quel hystérique du vidéoclip, quel malade non revenu de la pire esthétique des années 80, quel émule de Carax a osé "réaliser" (ou plutôt COMMETTRE) cette chose ? Fondus perpétuels, flous artistiques, mouvements de caméras hâchés, travellings plus qu'hasardeux, images saucissonées, refus du moindre plan-séquence de plus de 30 secondes, lumières minables... J'arrête là, j'ai la nausée !

En un mot, heureusement que restent les chansons... Et les souvenirs de ce concert !

Bonne voyure quand même !
Foxy"

02.08.2009

Toute la musique qu'ils aiment...

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Réédition d'un vieux billet, la chronique de l'album "Amicalement blues". Cela date, mais il fallait bien que je le replace. Attention : billet ancien, donc ommentaires fermés. Le billet le plus récent est celui juste en dessous !

"Il est là, il est arrivé, je l'ai acheté et écouté deux fois déjà, et plus encore pour les morceaux qui m'ont accroché. Qui, il ? Bien sûr, je parle de "amicalement blues", né de la collaboration de HF Thiéfaine et Paul Personne.
Alors ? Alors, yeah ! Très bon !!! Bien sûr, ce n'est pas comme les autres albums. La moue dubitative, on pourrait l'avoir en lisant les textes sur le livret. Comme ça, ç'a l'air un peu plat et tristoune, fade en fait malgré quelques fulgurances. Que nenni ! Ecoutez l'album et vous comprendrez que ces textes ont en fait été écrits POUR la musique. Les mots d'Hubert font corps et coeur avec la guitare de Paul, et les deux se marient comme leurs voix le font tout au long de l'album.
Musicalement ? Du blues, certes, bien roots sur certains morceaux, mais surtout du rock ! Du vrai, du dur, de l'abrasif. Des bons gros riffs, de l'harmonica discret mais efficace (ah, la rythmique sur "rendez-vous au dernier carrefour"...), de la pulsation basique tchak-poum, des petits solis dont certains pleins de feeling. Du bon quoi, tendance "bien roots qui tache" (sauf sur "distance" et "photographie d'un rêveur", plus doux). C'est bien simple, ce matin dans ma voiture, j'écoutais "ballbreaker" (d'AC/DC). Ben ce soir, à 12 heures de distance, les réminiscences rock'n'rolliennes étaient frappantes. Dans ce style "rock", le plus sympa est à mon avis "émeute émotionnelle".
Les textes maintenant : simples au premier abord, ils se transcendent lorsque la musique les porte. Thiéfaine a fait là, un vrai travail de parolier davantage que d'auteur. Il s'est mis dans les musiques de Personne (ou, ce qui revient au même, a écrit de façon "musicale", avec une petite musique en tête). Résultat : une ambiance "loose", "on the road" et "highway 61" parfaite tout au long de l'album. On se croirait en Amérique, même si la langue est le français... Que dis-je ? Textes en français certes, mais écrits "à l'anglaise". Courts, avec quelques images fortes, et surtout collés aux mélodies.
Les morceaux ? Dans l'ensemble, j'en ai pour l'instant retenu trois : "avenue de l'amour", "photographie d'un rêveur" (le meilleur texte à mes yeux) et surtout "rendez-vous au dernier carrefour" : pêchu, équilibré, rythmé, magnifiquement chanté par les deux. Un pur régal !
Au final, voila un album de vrai bon rock. Pas forcément un chef-d'oeuvre de Thiéfaine (mais était-ce le but ?), mais un disque de potes, qui respire l'amitié et la complicité. Un disque plein de feeling, de rythme et de joie de jouer. Un disque à écouter en voiture sur l'autoroute, ou dans un rocking-chair en sirotant un whisky. Ou tout seul au croisement, dans l'attente du Malin qui me donnera enfin le don de la guitare.

Sinon, il paraît que Johnny a sorti un album de blues... Ah bon..."

05.04.2009

Rencontre des troisièmes types

Dans la série des vieux billets ressortis de nulle part, et en prévision d'une future soirée Thiéfaine, voici un vieux souvenir de Paris. En hommage à David et Yoann :
"La FNAC des Ternes est située, comme son nom l'indique, place des Ternes. Dix-septième arrondissement chic, dadames en fourrure, publicités pour les bijoux Chaumet, immeubles haussmanniens. Ce soir, Paul et Hubert faisaient les intéressants au forum de la FNAC.
Sous la FNAC se niche un parking souterrain. Alfa Roméo, Maserati, Jaguar, 4/4  de luxe. Dix-septième arrondissement clinquant et un peu tape-à-l'oeil. Ce soir, trois zozos faisaient les intéressants dans le parking : HFT 45, l'animal bluesymental et le Foxy.
Entre ces deux moments, il y eu l'odyssée du Foxy de Saint-Denis à la place des Ternes : une demi-heure en temps normal, plus du double en ce soir de grève et subséquemment d'embouteillages. Arrivé après la bataille, j'eus quand même le temps de me faire dédicacer l'album par les duettistes infernaux. Une bonne chose de faite !
Et ensuite ? Ben, ce fut d'abord une interminable discussion sur les mérites comparés des albums, la "structure" d'Hubert, ses  talents d'écriture, une  certaine soirée à Dôle, le tout au pied des escalators de la FNAC. Ce fut ensuite la même discussion dans un bar, toujours autour de notre passion commune. D'ou ressort le talent de conteur de David, mais aussi sa passion , sa gentillesse et sa modestie, modestie et gentillesse partagées par Yoann et Yohann. D'ou ressort la  gouaille et la présence du Doc et de Trompette, salut à vous.
Et puis... Au sous-sol d'un parking chic, dans un coffre de voiture, une guitare. Et deux talents.... "Je vais te montrer quelque chose", "Ah oui, là ça sonne bien, attend, moi je la fais comme ça", "pourquoi tu le fais en capo 3 ?", "j'ai rajouté deux ou trois choses".
"Droide","Bipède, "Un automne à Tanger", "Also spracht Winnie", "Demain  les kids", "Des adieux", "Les fastes", "Cabaret Sainte-Lilith", "Stalag Tilt", "Alligators", "mathématiques souterraines", "camélia, "confession d'un neverbeen", "télégramme", "demain les kids", "septembre rose", "tita dong dong song", "pulque", "je ne sais plus quoi faire" et j'en passe. Qui n'a rêvé d'un tel concert ? Et bien, deux types un peu fêlés, frères d'harmonie en parfait accord, ont offert cela à votre serviteur.
Moi Foxy, je suis le plus mauvais guitariste à l'ouest du Pecos. Mais je sais un peu écrire, juste pour pouvoir vous dire : merci les gars, de cette situation incongrue, de ce parking froid que vous avez, l'espace d'un instant, parsemé d'une petite poussière d'étoiles. Bonne route à tous les deux et rendez-vous au prochain carrefour."

L'occasion de recommander encore et toujours l'ancien site de David Starosta : Autopsie (voir liens). Quoique non actualisé, c'est une mine d'or ! affiche_HFT_solitaire.jpg
Et l'occasion aussi, dans un autre style, de saluer l'arrivée d'un nouveau site, consacré exclusivement à l'album "Alambic sortie sud". De quoi se persuader que cet album reste décidément un bijou méconnu dans la discographie de Thifaine. Bonne route à ce nouveau collègue !

04.03.2009

De l'âme, de là, de loin...

Studios2.jpegNous voici donc de nouveau branchés sur le hasard, pour cette chronique du troisième album du sieur Hubert. Nyctalopus airlines reprend son envol et le commandant de bord a rattaché sa ceinture... Moteur !

Un troisième album fort mésestimé... Et par Thiéfaine lui-même pour commencer ! Il a été écrit qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que de "fonds de tiroir", que Thiéfaine se contentait d'en finir avec son "trésor de guerre" ( dans l'excellente revue Chorus). Thiéfaine l'a dit et redit, il ne se sentait plus lui-même au moment de la réalisation de cet album et il en a largement délégué la réalisation. Bref, ce serait un album de fin de cycle et da qualité fort médiocre.

Revenons au réel, c'est-à-dire à l'album lui-même. Il appartient incontestablement au même cycle que les deux précédents : Les pieds au mur dans le premier, de dos dans le second, voilà l'artiste qui se dévoile dans le troisième, affublé d'un dérisoire nez rouge et de superbes bacchantes. C'est le dernier avatar du Thiéfaine folkeux et absurde, de ce personnage décalé qu'il avait mis en scène dans ces premiers albums. Ce hippie lunaire va bientôt céder à la place à un rocker dur féru de poésie urbaine, de guitares saturées et d'ambiances musicales new wave. Les seventies cèdent place aux eighties, le noir sera bientôt de rigueur et la mélancolie des âmes gagnera nos pensées adolescentes.... Album de transition, de réflexion, de doute ou l'artiste questionne son identité personnelle et artistique, album de passage. Album qu'on aurait alors tendance à voir seulement pour ce qu'il clôt et non pour ce qu'il promet.

Mais au fait, est-ce vraiment cela que cet album ? Une fois de plus à mon sens, Thiéfaine a trompé son monde !
Un album peu important... dont deux titres sont encore repris en concert par l'artiste près de 30 ans après...
Un album de raccroc, pauvre et peu construit... avec une richesse et une variété musicale en fait remarquable !
Un album décousu... qui s'organise selon une thématique bien précise !
Un album secondaire... qui contient au moins un texte fabuleux du monsieur... mais je ne vous dirai pas lequel ! ;))

A mon sens, l'album s'organise en deux parties qui déclinent une même thématique : L'AMOUR, au travers de ses rêveries sentimentales, de ses élans quasi métaphysiques et de ses réalités fort charnelles. Le titre emprunte au "De l'amour" de Stendhal avant de dériver vers une gaillardise assumée.
La première partie contient les 5 premières chansons, "comme un chien dans un cimetière" agissant comme un pont au-dessus d'une eau trouble. Cette partie décline des formes d'amour très physiques : sado-masochisme, nymphomanie, exhibitionnisme et même zoophilie ! De l'amour de soi (psychanalyse du singe) au dégoût de soi-même (comme un chien dans un cimetière), à la première ou à la troisième personne, voilà le Hubert (ou le Félix, ou le Thiéfaine, ou l'un après l'autre) qui expérimente les mille et une facettes de l'amour. Ce voyage se fait aussi au gré d'une grande variété musicale : rock, folk, reggae, pop sont convoqués au fil de cette déambulation rigolarde et assumée... Qui se clôt néanmoins sur un constat fort désespéré : ennui général, espoir néant ! L'amour physique est sans issue...

Place donc à une deuxième partie (les 3 derniers morceaux) qui se place carrément sous le signe de la mélancolie ! Ne pas se laisser abuser par le groove fonky de "l'agence des amants de madame Müller" : ça groove certes, ça jouit aussi, mais la fin est carrément calamiteuse. Entre quatre murs, le personnage ne sait vraiment plus qui il est. Cette folie destructrice, qui éparpille des morceaux de conscience aux quatre coins de l'âme, est bien la conséquence de l'amour ! Cette mélancolie qui vous prend et ne vous lâche plus, elle est bien aussi la conséquence de l'amour ! Il est notable d'ailleurs que lorsque Thiéfaine a réécrit les paroles de "Psychanalyse du singe", il insiste sur les ravages physiques... de l'amour ("l'affreux rire de l'idiot") auxquels "le jeu de la folie" fait aussi allusion (la syphilis de Baudelaire).

L'amour rend aveugle, fou et mélancolique... Voilà pourquoi cet album est pour moi, le frère aîné de "Scandale mélancolique". Aussi varié musicalement, aussi décousu à la première écoute, aussi profond en réalité ! Album de remise en cause, de prise de distance ou paradoxalement et parce qu'il s'en désintéressait, l'artiste se livre à coeur découvert. Le dernier morceau, le chef-d'oeuvre de l'album à mon sens (ça y est, je l'ai dit !) est symptomatique de tout cela car il annonce les grands textes des albums à venir.

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Mises à jour...

Première mise à jour : la dernière version de l'Amicalement Blues Live (merci au site officiel)

25/06 : Poligny - Moulin de BRAINANS (39)
26/06 : Poligny - Moulin de BRAINANS (39)
28/06 : Paris Olympia
29/06 : Tournon (07), festival Fest'Route
04/07 : Argelès-sur-Mer (66), festival Les Déferlantes
06/07 : Albi (81), festival Pause-Guitare
11/07 : Nonsard (55), Lac de Madine
12/07 : Cognac (16), fête du Cognac
13/07 : Aix les Bains (73), festival Musilac
19/07 : Auxerre (89), festival Aux Zarbs
20/07 : Calais (62), festival de la Côte d'Opale
24/07 : Nice (06), Nice Jazz Festival
26/07 : Brout Vernet (03) - Festival Rock Preserv'
09/08 : Crozon (29) - Festival du bout du monde
19/08 : Châteauroux (36) - Festival Darc
23/08 : Pont Sainte-Maxence(60), festival la Ferme du Rock
10/10 : Bruxelles , Belgique, Cirque Royal
11/10 : Nancy (54), Nancy Jazz Festival

Deuxième rectificatif : la play-list du concert de l'Olympia (merci à Yoann !)

1/ spécial ado sms blues
2/ l'appel de la forêt
3/ juste avant l'enfer
4/ strindberg 2007
5/ amant sous contrôle
6/ your terraplane is ready mister bob
7/ distance
8/ avenue de l'amour
9/ rendez-vous au dernier carrefour
10/ les douceurs de la vengeance
11/ le vieux bluesman et la bimbo
12/ photographie d'un rêveur
13/ la beauté du blues
14/ lorelei sebasto cha
15/ fin de partie
16/ barjoland
Présentation des musiciens
17/ est-ce ta première fin de millénaire?

Rappel :
18/ émeute émotionnelle
19/ cauchemar psychomoteur

Rappel :
20/ les mouches bleues
21/ rock autopsie

De superbes photos sont disponibles sur le forum de l'animal, et des extraits du concert sur son site. Yahou !!

Toutes les notes