22.10.2009
Mes séquelles
A l'heure ou la maison de disque sort un "coffret" super-méga-bien-tellement-il-est-bien que la seule chose dont on est certain, c'est qu'il va falloir encore raquer (ce que je ne ferai pas !), j'ai décidé de vous présenter mes séquelles à moi. Mon best-of perso, c'est à dire les 30 chansons de Thiéfaine que je préfère. Pas de classement, juste un ordre chronologique. Pas d'explication non plus, à vous de voir si vous en êtes d'accord. Les voici :
Je t'en remets au vent
Alligators 427
Vendôme gardenal snack
Narcisse 81
Mathématiques souterraines
Cabaret Sainte-Lilith
Exil sur planète-fantôme
Soleil cherche futur
Autoroutes jeudi d'automne
Les dingues et les paumés
Stalag-tilt
Femme de Loth
Affaire Rimbaud
Sweet Amanite Phalloïde Queen
Pulque mescal y tequila
Septembre Rose
Droïde Song
Un automne à Tanger
Portrait de femme en 1922
Villes natales et frenchitude
Crepuscule-transfert
Animal en quarantaine
Juste une valse noire
Des adieux...
La ballade d'Abdallah Geronimo Cohen
Camelia : huile sur toile
Les fastes de la solitude
Confessions d'un never been
L'étranger dans la glace
Annihilation
Voila ! C'est partiel et partial, totalement subjectif. Ce sont mes séquelles, quelles sont les vôtres ?
21:59 Publié dans Quand la musique se fait bandante | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : thiéfaine, musique
02.08.2009
Toute la musique qu'ils aiment...

Réédition d'un vieux billet, la chronique de l'album "Amicalement blues". Cela date, mais il fallait bien que je le replace. Attention : billet ancien, donc ommentaires fermés. Le billet le plus récent est celui juste en dessous !
"Il est là, il est arrivé, je l'ai acheté et écouté deux fois déjà, et plus encore pour les morceaux qui m'ont accroché. Qui, il ? Bien sûr, je parle de "amicalement blues", né de la collaboration de HF Thiéfaine et Paul Personne.
Alors ? Alors, yeah ! Très bon !!! Bien sûr, ce n'est pas comme les autres albums. La moue dubitative, on pourrait l'avoir en lisant les textes sur le livret. Comme ça, ç'a l'air un peu plat et tristoune, fade en fait malgré quelques fulgurances. Que nenni ! Ecoutez l'album et vous comprendrez que ces textes ont en fait été écrits POUR la musique. Les mots d'Hubert font corps et coeur avec la guitare de Paul, et les deux se marient comme leurs voix le font tout au long de l'album.
Musicalement ? Du blues, certes, bien roots sur certains morceaux, mais surtout du rock ! Du vrai, du dur, de l'abrasif. Des bons gros riffs, de l'harmonica discret mais efficace (ah, la rythmique sur "rendez-vous au dernier carrefour"...), de la pulsation basique tchak-poum, des petits solis dont certains pleins de feeling. Du bon quoi, tendance "bien roots qui tache" (sauf sur "distance" et "photographie d'un rêveur", plus doux). C'est bien simple, ce matin dans ma voiture, j'écoutais "ballbreaker" (d'AC/DC). Ben ce soir, à 12 heures de distance, les réminiscences rock'n'rolliennes étaient frappantes. Dans ce style "rock", le plus sympa est à mon avis "émeute émotionnelle".
Les textes maintenant : simples au premier abord, ils se transcendent lorsque la musique les porte. Thiéfaine a fait là, un vrai travail de parolier davantage que d'auteur. Il s'est mis dans les musiques de Personne (ou, ce qui revient au même, a écrit de façon "musicale", avec une petite musique en tête). Résultat : une ambiance "loose", "on the road" et "highway 61" parfaite tout au long de l'album. On se croirait en Amérique, même si la langue est le français... Que dis-je ? Textes en français certes, mais écrits "à l'anglaise". Courts, avec quelques images fortes, et surtout collés aux mélodies.
Les morceaux ? Dans l'ensemble, j'en ai pour l'instant retenu trois : "avenue de l'amour", "photographie d'un rêveur" (le meilleur texte à mes yeux) et surtout "rendez-vous au dernier carrefour" : pêchu, équilibré, rythmé, magnifiquement chanté par les deux. Un pur régal !
Au final, voila un album de vrai bon rock. Pas forcément un chef-d'oeuvre de Thiéfaine (mais était-ce le but ?), mais un disque de potes, qui respire l'amitié et la complicité. Un disque plein de feeling, de rythme et de joie de jouer. Un disque à écouter en voiture sur l'autoroute, ou dans un rocking-chair en sirotant un whisky. Ou tout seul au croisement, dans l'attente du Malin qui me donnera enfin le don de la guitare.
Sinon, il paraît que Johnny a sorti un album de blues... Ah bon..."
10:32 Publié dans Quand la musique se fait bandante | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : thiéfaine, musique, amis d'hubert
01.03.2009
Calvin le brave
Un autre guitariste après Paul Personne. Voici Calvin Russel.
Un drôle de zig, le type ! Né en 1948 à Austin, Texas, Calvin Russell est un chanteur et guitariste de folk, rock et blues. Adolescent révolté et fugueur, fumeur et dealer de beu, il a été plusieurs fois client des geôles américaines et notamment texanes. Il aurait passé au total, une dizaine d'années derrière les barreaux !
Radicalement allergique au modèle de la réussite américaine, Calvin Russel produit du rock et du blues puissant et charnu, qui porte des paroles simples mais radicales. Des chansons comme "Big Brother" ou encore "Oval room" sont des brûlots anti-politiciens qui prônent une liberté individuelle sans concession. Ces textes sont servis par un jeu de guitare très efficace, une excellente production et surtout une voix magnifique, âpre et rauque, reconnaissable immédiatement.
Bien côté en France, ou ses disques se vendent bien, Russell est en revanche quasi-inconnu en Amérique, notamment au Texas. Ren d'étonnant quand on voit sa détestation du modèle américain !
15:25 Publié dans Quand la musique se fait bandante | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, blues, amis d'hubert
Ne ressembler à personne...

15:12 Publié dans Quand la musique se fait bandante | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : thiéfaine, paul personne, blues, musique, amis d'hubert
28.02.2009
Rock not dead
Rock autopsie, titre net et définitif. Pourtant, 30 ans après, Thiéfaine joue encore et le cadavre a l'air bien vivant ! Dans cette chanson désabusée, Thiéfaine tire en fait un trait sur sa jeunesse et ses idoles. Massacre nécessaire pour mieux se construire une identité et mieux trouver sa propre voie, cette chanson se place musicalement dans le registre parodique que Thiéfaine emprunte volontiers. Rythme binaire, accords 100% rock, l'ensemble fleure bon les sixties comme plus tard le si mal nommé "rock joyeux". Bien campé sur ces bases musicales très "roots" (le solo est un modèle du genre), la chanson tourne vite eu jeu de massacre qui n'est pas sans rappeler les "chamboule-tout", ces attractions de fête foraine ou on dézingue des figurines représentant des personnalités célèbres.
Et il y en a, du beau linge : Dylan, les stones, les beatles, les who, Lou Reed, Hendrix, Jim Morrisson, Elvis Presley ! Le gotha du rock et du folk des années 60 et 70. Chacun a droit à un petit couplet qui détourne allègrement leurs chansons les plus connues : "Mister Tambourine man", "Lady Jane", "Lucy", "Lady madonna", "My generation", "Berlin", "Voodoo child", "Love me tender". Ce registre parodique n'a de cesse de se moquer plus ou moins gentiment de ces icônes du rock : Dylan défoncé, Jagger, les beatles et Lou Reed ringardisés, les autres presque tous morts ! De fait, c'est toute la mythologie "sex, drugs & rock'n'roll" qui est ici décortiquée avec lucidité et ravalée au rang de pantomime dérisoire. On va sur la tombe de Morrisson comme en pèlerinage, on écoute "My generation" mais tout cela est déjà passé. Victimes du show-biz, de la drogue et de l'alcool, un grand nombre d'idoles ont déjà disparu et les autres s'apprêtent à jouer leur propre rôle de manière plus ou moins pathétique jusqu'à aujourd'hui encore (voir les stones). Tout fout le camp, et même la sacro-sainte revue "Melody Maker" ne sert plus que de paillasson. C'était d'ailleurs prémonitoire, puisque la revue a disparu voici une dizaine d'années...
Au final, que reste-t-il ? Jouer du "traditionnel" avec de "vieux bouseux" (le groupe Machin ? On n'ose le croire !) ? S'enfermer dans l'aigreur et ressasser ses souvenirs ? S'accrocher à ces idoles dépassées ?





Une fois encore, la suite a montré que Thiéfaine a choisi d'aller de l'avant. Critiquer ses idoles de jeunesse n'est pas les renier, c'est au contraire un moyen de relativiser leur importance et l'ombre encombrante de leur présence, pour mieux avancer par soi-même et donner libre cours à sa propre créativité. Le son métallique des who, la poésie noire et incantatoire d'un Morrisson, la justesse d'écriture d'un Dylan, autant d'éléments qui sont en train de se fondre à l'époque chez Thiéfaine. Bien loin d'être un défoulement anecdotique, je vois au contraire cette chanson, comme une étape essentielle du processus de création chez Thiéfaine : Se libérer de ses maîtres pour mieux en être digne. Si cette chanson est devenue un classique du répertoire live de Thiéfaine, c'est non seulement par son côté entraînant, mais aussi par son aspect joyeusement et cyniquement destructeur. On construit toujours mieux sur les ruines de l'ancien monde. Bien plus tard, d'autres jeunes artistes s'appuieront eux aussi sur Thiéfaine. On peut juste regretter que ce soit dans un respect total et presque confit en dévotion.Qui bene amat, bene castigat.
11:30 Publié dans Quand la musique se fait bandante | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : musique