11.12.2007

Le parisien ne fait pas la gueule

Non, le parisien ne fait pas la gueule. Il se tait, c'est tout. En tout cas, il devrait... Parfois. Car vous avez peut-être remarqué que l'homo parisianus ne fait pas forcément la gueule tout le temps. En tout cas, quand il ne fait pas la gueule, c'est qu'il l'ouvre. Et pas toujours à bon escient.
Ni au bon moment.
Ni au bon endroit.
En bref, nous dirons que nombre de mes contemporains ont une fâcheuse tendance, à mon avis du moins, à jacter à tort et à travers quand cela n'est pas nécessaire. Et plus encore quand c'est gênant.
Plus grave : Parler fait du bruit. Des ondes sonores qui prennent sens. Parfois, on ne sait ce qui, du bruit de la conversation ou du néant sidéral qu'elle contient, est le plus horripilant.
Exemple pratique : Dans le RER, le soir. Journée finie, on rentre chez soi. Généralement, plus d'une heure de trajet tout compris. Une seule envie : être tranquille. Dans sa bulle, à lire ou à écrire un petit truc, ou à contempler le "paysage" qui défile. Ou mieux, à ne penser à rien, à végéter tranquille dans une semi-inconscience, la tête contre la vitre.
On se laisse aller, on entend le "takac-tatoum" du train, on décompresse. Il fait bon, la pluie tape la vitre et le wagon ronronne. Quelques lecteurs mp3 bien assourdis laissent échapper une peu de zique étouffée, rien de grave...
Et LA !!!! Un lascar de téci ou une blonde pavillonnaire, une mémère à choucroute ou un homme d'affaires, une femme de ménage ou un fonctionnaire... Enfin, un misérable spécimen d'individu jusque là anonyme, vous assène à voix TRES haute, le spectacle vocal de son insignifiance quotidienne :
"Ouais, ouais, je rappelle Audrey.... J'rappelle, j'te dis (un temps long, très long), OUAIS, J'RAPPELLE" ou encore "D'ACCORD, ON FAIS DES POIREAUX CE SOIR", ou bien encore "Pourquoi tu vien pas me chercher à la gare ? Hein, dis ? Tu veux bien, hein ? Tu veeuuux ?".
Perso, je n'ai rien contre les conversations téléphoniques. En revanche, j'ai tout contre ces maniaques qui parlent fort sans s'en rendre compte (je n'ose imaginer qu'ils le fassent exprès) et vous empoisonnent le trajet. Dans la même catégorie :
les "djeun's" qui, sous prétexte qu'ils "sortent", beuglent dans tout le wagon et rivalisent de vantardise.
les nénettes qui vous font partager les joies de leur dernier maquillage.
les gratte-papier qui se racontent leur journée... et vous la racontent par la même occasion.
les mémères qui exposent leur problème de crèche et de nounous à l'ensemble du compartiment.

Liste non exhaustive. Qui me fait dire que parfois, le parisien ferait bien de faire la gueule. Et de la fermer. Et de garder sa salive pour renseigner les étrangers et les "provinciaux" qui demandent leur chemin (non, ça en fait c'est drôle de les voir paumés... pardon).
Ou mieux encore, le parisien intelligent ferait mieux d'aller montrer son quotidien à tous les passants, mais en silence !

Ben oui, les blogs bon sang, c'est pas fait pour les chiens !

05.12.2007

Comme un goût de déjà-vu

Non, franchement, cela ne vous rappelle rien ?
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Etait-ce à Villiers-le-Bel, Argenteuil ou Clichy-sous-bois ? Aux Mureaux ou à Vaulx-en-Velin ? A Garges ou à Chanteloup ? Aux Tarterêts ou à la Grande Borne ?
Pourtant, on fait tout pour eux. Jugez-en :
 
Des ZAC sont bâties, qui deviendront des ZUP puis des ZUS.
Comme ça va mal, on crée des ZFU et des ZRU pilotées par l'ANRU dans le cadre du PRE financé par l'ACSE.
Le logement ira mieux grace à la SRU, si toutefois on respecte le CUCS. Mais nous y arriverons avec l'aide de "jeunes" embauchés comme TUC, puis comme CAE, CAV ou mieux encore comme AE. Il suffit de mobiliser l'ALE.
Pour les former, les ZEP accueillent des établissements scolaires PEP puis EP1, qui débouchent sur des RRS ou des RAR pilotés grâce à des COS et des CAR.
L'ASE et la PJJ apportent leur précieux concours. Dans le cadre d'un GLTD inclus dans un CLSPD, un "plan" est mis en place.

Et ça brûle quand même ! Les ingrats...
Heureusement que restent les CRS et la BAC.... 

16.10.2007

Saint-Denis est magique

Je travaille à Saint-Denis. Cette ville pour moi, c'est le lieu des soucis, des responsabilités, des choix à faire, du travail quoi. Les personnes que j'y croisent, avec lesquelles je parle, sont des relations de travail. Les restaurants ou je mange sont des lieux pour des repas de travail. Les rues sont des espaces transitoires entre le boulot et le boulot, le boulot et le métro. J'y déambule en costume, j'y achète le journal, j'y anime des réunions. Bref, j'y travaille.
Ce dimanche pourtant, j'ai pris le temps de regarder cette ville. La raison ? Et bien, j'avais en poche mon deuxième billet pour cette coupe du monde de rugby ! Pas celui pour la demi-finale de la France, non. L'autre. Alors, nous avons pris le temps... Flâner dans les rues du centre-ville, prendre un verre devant la mairie, visiter la basilique. Prendre le temps de se recueillir dans la nécropole des rois de France, le temps d'admirer l'élégance intérieure de la basilique. Le temps d'apprécier la joyeuse ambiance mise par les supporters, le temps d'écouter quelques chansons de Magyd Cherfi en dévorant un sandwich grec. Le temps de se diriger vers le stade et de profiter du soir qui descend sur les berges du canal.
Et puis, s'asseoir dans ce stade magnifique après l'avoir regardé sous toutes les coutures de l'extérieur. Se laisser prendre et porter par l'ambiance, voir le stade se remplir. Entendre les hymnes, entendre les clameurs des sud-africains et les chants des argentins...
Bon, le match lui-même était intéressant, sans atteindre des sommets. Mais l'essentiel était ailleurs. Pour la peine, je vous fait un petit album Saint-Denis, que vous puissiez profiter vous aussi, du côté clair de cette ville. Le côté obscur, j'y suis replongé le lendemain. C'est la vie.
 
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A bientôt pour de nouvelles découvertes.

26.09.2007

Du rugby appliqué à tout et n'importe quoi

Retour sur ce blog que je n'ai guère alimenté ces derniers temps. Mais j'ai des excuses : le travail, une virée en Bourgogne et en Berry ce week-end, et encore d'autres raisons. J'en profite d'abord, pour vous faire profiter de quelques photos de la cérémonie d'ouverture :

de6a09ab501036c6795b9c6870c85dc6.jpg0ba2047c268c08c0330467579e04aab0.jpgedda5e594d566c23e52e86ec285c0803.jpgAvec en plus, l'entrée des joueurs sur le terrain. Je vous l'accorde, cette cérémonie était kitschissime, mais ça me permet de dire "j'y étais".

 

 

 

Sinon, et à propos de rugby, qu'il me soit permis de redire ici tout le mal que je pense de Bernard Laporte. Ledit personnage s'est encore distingué, après la victoire contre l'Irlande, par un virulent léchage de bottes à l'égard de M. Sarkozy. "Nous avons été grands"... Mouais. Le match fut engagé, parfois plaisant, bien mené par les français. De là à dire qu'ils furent "grands"...
De là à dire que Laporte est un fayot de première, soucieux de préserver avant tout son maroquin ministériel.
Ben, on peut le dire !

Dans un autre registre, il ne vous aura pas échappé que le rugby est devenu furieusement "in". Dans les cours d'école et les entreprises, dans les transports en commun et les bistrots, on cause et on fait rugby. Les stades sont pleins, même pour un Canada-Japon qui n'est pas une affiche en soi, l'audience télé explose. Les "petites" équipes se battent bien, les matches sont souvent de qualité, Chabal est une star, Galthié fait de la pub, les "valeurs" du rugby sont partout et à toutes les sauces. N'en jetez plus !

Parce que faudrait quand même voir à voir ! Moi, je vois quand même des rugbymen "pipolisés", leurs conjointes en une des magazines (bizarre d'ailleurs comme elles ressemblent de plus en plus à des femmes de footeux : Même look "mannequin" insipide, même sourire ultra-brite, même fringues), des magouilles de fédération et l'ombre du dopage... C'est pas pour décrier un sport que j'adore, mais il a aussi ses tares. Bon, c'est vrai, pas autant que le football... ni que le cyclisme... ni que le foot américain... Bon, d'accord, la fête est belle et réussie. Si seulement TF1 retransmettait davantage de matches !

Alors, je ne vais pas jouer plus longtemps les rabat-joie. Amusons-nous et croisons les doigts pour la France. Juste un truc rigolo, quand même : Dans un cas de figure extrême (Tonga bat l'Angleterre, Argentine bat l'Irlande, Fidji bat Galles et Italie bat Ecosse), il pourrait n'y avoir aucun pays des îles britanniques en quart de finale ! Sans méchanceté aucune, ce serait quand même croustillant !

Bon, vivement la suite et d'ici là... allez les petits ! 

11.09.2007

Train-train quotidien

Entendu dans le RER, à la manière d'Appolinaire, des morceaux de vie ordinaire :
Un p'tit mec qui se la joue lascar avec une nana en total "Lacoste-adidas" tout blanc : "Ben oui, tu 'ois, j'veux dire, un keumé qui s'barre sans rien dire au manager, tu 'ois, ben jui parle pu, tu 'ois"
Un gros monsieur noir très en colère (parle très fort) : "ALLO !! ALLO !! BEN QUOI, TU N'AS PAS RRRRECONNU MA VOIX ? POURRQUOI TU RRRACCRROCHES ALORS ? "
Un rasta à son pote : " C'est la génération SMS"
Une brune au téléphone, look gothique au maximum : "Elle a un look, genre quand tu la vois... ben tu la vois"
Un lascar à casquette à sa copine : "Walla c'est vrai, c'est rien qu'des bâtards !"
Un type sans âge ni signe particulier : "Un  mec qui fait cocue sa nana, ça arrive... hé oui !"
Un lascar à casquette au téléphone : " J'te dérange ap ? T'es ou ?  Moi, j'arrive à Gare du Nord... OK, tchek !"
Un jeune homme bien propre sur lui mais pas trop à sa voisine : " Mais c'est pas seulement un problème de stage, cette histoire, c'est aussi un problème de poste"
Un tiers du wagon : " Poum-poum tchak, tchak poum-poum" (lecteur mp 3, zique de rap à fond)
Une minette style R'N'B à sa copine : "Je peux pas aller au casting demain, y'a école"

Ainsi va le RER
Jusqu'en gare de Juvisy... Arrivée ce soir à 19 h. 30.

Bonne soirée à toutes et à tous 

08.09.2007

Un vendredi soir sur la terre

Ce vendredi-là, le Foxy était à Saint-Denis. Il déambulait paisiblement, une bière à la main, dans les allées du village "rugbycolor". Pour ceux qui n'en savent rien (surdité, coma, faille spatio-temporelle), la coupe du monde de rugby a lieu en France. Porte de Paris, à deux pas du stade de France, un "village" très kitsch a été installé. Stands, scène pour concerts, animations, bars, rien n'y manque ! Un programme d'enfer est d'ailleurs prévu : Rachid Taha, Johnny Clegg, Gotan Project, Grand Corps Malade, Sergent Garcia, les choeurs de Soweto, que du festif en perspective ! Hier, le stand argentin vibrait aux accents du tango. Un couple de danseurs et des supporters argentins bien en voix complétaient le tableau.

Tout était donc réuni pour passer une bonne soirée. Car OUI, le Foxy avait le saint graal, THE viatique : deux places pour Sea-Line et votre serviteur pour le match d'ouverture France-Argentine. Ambiance sympa donc avant le match : beaucoup de monde (et beaucoup, vraiment beaucoup de policiers), de la bière, des sandwichs méga-chers, les chants des argentins et l'espoir des français. Cérémonie d'ouverture cheap en diable, mais il y avait quand même les tambours du Bronx et les Yamakasi. Discours d'ouverture très brefs (très bien !), hymnes, et c'est parti !

En fait, non.
Jamais partis. Je ne sais pas ce que vous avez vu de votre téléviseur mais sur place, le spectacle était affligeant : ballons relâchés, en-avant, fautes de main diverses, jeu au pied calamiteux, placements hasardeux, agressivité restée au vestiaire. C'est bien simple, il a fallu attendre la deuxième mi-temps pour voir un mouvement correct (le groupé pénétrant qui a failli aller à l'essai). Et encore, la domination fut parfaitement stérile. Vu des tribunes, on se serait cru à un remake de la demi-finale France-Angleterre. Un jeu prévisible, tout en force, avec des joueurs incapables de s'adapter, de se prendre en main et de se révolter. Incapables de changer de stratégie, crevant de trouille. Quand même, Laporte a eu des mois pour préparer son équipe. Qu'en a-t-il fait ?
Pourquoi le mental des français est-il aussi défaillant ?
Pourquoi les joueurs du quinze de France sont-ils robotisés au point de ne pouvoir s'adapter et réfléchir sur le terrain ?
Pourquoi nos trois-quarts, autrefois fierté du "french flair", sont-ils devenus des chèvres absolues incapables d'attraper un ballon ?
Pourquoi autant de joueurs ont-ils été en dessous de tout ? Pelous inexistant, Ibanez idem, Heymans catastrophique à l'arrière, Michalak et Skrela ratant des pénalités toutes faites, Mignoni... il était sur le terrain ?
Pourquoi jamais un semblant de révolte, de solidarité et d'esprit de corps ?
Pourquoi ces rugbymen qui vendent du shampoing (Dominici) ou des hamburgers (Michalak) ressemblent-ils de plus en plus, dans l'esprit, à des footballeurs ? Sauf que les footeux, EUX, ont des résultats.
Deux ou trois choses choquantes pour finir :
Je peux me tromper, mais il me semble que les français ont quitté la pelouse sans serre la main des argentins. Choquant.
L'interview de Laporte dans le "parisien" aujourd'hui est à l'image du personnage : il n'assume rien, rejette tout sur les joueurs et n'a même pas honte. Pas une excuse pour le spectacle proposé. Choquant. Mais on ne peut pas tout faire, de la pub pour du jambon et l'entraînement d'une équipe de rugby !

Voilà. J'ai quand même passé une super soirée. Le stade est toujours magnifique et j'étais placé avec des gosses qui ont mis une ambiance du tonnerre dans la tribune. Heureusement d'ailleurs, parce que le public parisien, c'est pas forcément la joie. Mais il y avait aussi des supporters argentins pas loin, qui ont chanté durant tout le match. Leur joie faisait plaisir à voir. Donc, malgré la déception, une soirée vraiment très très bien ! Et puis, on va quand même encourager l'équipe de France, en espérant qu'ils vont battre la Namibie... C'est qu'on n'est plus sûr de rien...

 

 

PS : Cet après-midi, grand show des blacks contre les italiens. Mais ces derniers ont au moins eu le mérite de se battre et d'inscrire deux essais. On a de la fierté ou on n'en a pas !