20.01.2008
Descente non climatisée
Chez les grecs, les enfers sont le domaine des morts : "Les" enfers, car ce lieu accueille indifféremment les bons et les méchants, quoique en des lieux fort différents. Aux Champs Elysées se reposent ceux qui ont été justes et bons, au Tartare se trouvent les grands criminels qui ont osé braver les dieux : Tantale, Sysiphe, les Danaïdes entre autres. Sur ces lieux règne Hadès (Pluton), dieu des enfers et frère de Zeus. En ces enfers descendent des héros, le plus souvent investis d'une mission : Héraklès (Hercule) pour y capturer Cerbère,
Orphée pour y retrouver Eurydice... Hubert en reparlera plus tard, bien sûr !
Comme quoi, les thèmes se recoupent. Cependant et à l'inverse des Enfers grecs, l'Enfer chrétien est le domaine exclusif des méchants, notamment de ceux qui ont commis un des sept péchés capitaux (Paresse, Orgueil, Gourmandise, Luxure, Avarice, Colère et Envie). Au jour du Jugement Dernier, les hommes seront définitivement partagés entre les bienheureux et ceux qui seront voués à l'éternelle souffrance. Au milieu du Moyen-Age, on "inventera" le Purgatoire pour adoucir un peu le système. Les peuples trouvaient quand même que tout cela manquait un peu de nuance ;-)) L'ensemble de la chanson de Thiéfaine est construit selon un principe réthorique permanent, celui du détournement. Observons bien le texte :
Dans le texte, c'est la religion qui récolte la palme du ridicule et du dérisoire : Détournement de rituel, transformation de Dieu en un Fox-terrier, voila les "marchands de bonheur" (piétinés et renvoyés au néant. Je pense que cette dernière expression peut englober les religions, mais aussi les sectes. Thiéfaine parlera de Moon dans l'album suivant...

Mais ou mène cette résurrection : Au paradis ?
Non, au garde-à-vous. Difficile d'y voir un message d'espoir !
15:10 Publié dans La nostalgie de Dieu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : religion
04.01.2008
Un mois, un album : Tout corps vivant branché sur le secteur...
C'est donc décidé : ici, je ne parle plus que de Thiéfaine ! Mes idées, mes envies, mes opinions, mes discours ! En fait, ça me fera mon forum à moi et rien que (rire sardonique) pour dire mes conneries en français et envoyer paître le syndicat des langues mortes.
Cet album, devenu depuis disque de platine, se vend à l'époque à 3000 exemplaires. Pourtant, voila bien les meilleures balises avant mutation jamais posées ! On sent que l'ami Hub' a puisé le meilleur de son trésor de guerre. Certes, l'ensemble est très hétéroclite et la production est plus que minimale. Le son très "folk" ne correspond pas forcément aux desiderata de Thiéfaine, mais l'essentiel était de sortir la première galette.Premier exemple, la religion. Jugez plutôt : " Suspendue à ta croix", "offrir à Lucifer, mon âme en sacrifice", "un séminariste", "le Saint-Esprit", "trois siècles passés chez Lucifer" sans oublier une première référence à Babylone, qui inaugure la série des cités antiques et/ou bibliques que citera Thiéfaine au long de ses textes. Ce rapport ambigu, fait de grande érudition (nombre de références religieuses et bibliques de Thiéfaine sont très fouillées), de fascination et de répulsion, est récurrent chez Thiéfaine. Dans les albums suivants, toutes les religions, monothéistes en particulier, seront concernées, qu'il s'agisse des "petites filles de Mahomet" ou du mur de Jérusalem. Si Thiéfaine est sans nul doute, un personnage qui fuit l'autorité ou la contourne (et la religion est une forme d'exercice de l'autorité), il ne cesse aussi d'être hanté par un pessimisme forcené, un instinct de mort qu'il n'aura de cesse d'exorciser dans ses textes. Rejet de l'autorité et recherche de la paix intérieure (pourquoi pas dans la religion ?) pour fuir la mort qui approche, voila une deuxième tension de l'oeuvre de Thiéfaine.
La mort : Avant même de chanter "vive la mort", Thiéfaine en a fait le personnage principal de ses chansons.Les figures humaines qu'il crée (à commencer par lui-même) dans ses chansons sont : décédés ("l'ascenseur", "le chant du fou"), amputés de la main ("l'ascenseur") ou du pied ("première descente"), électrocutés ("l'ascenseur"), accidentés ("22 MAI") ou pendus ("l'ascenseur"), sans parler des suicides collectifs pour les "pauvres mômes" et les "vieillards" ("Maison Borniol") et d'une première allusion à une menace nuclaire ("le chant du fou"). Hantise de la mort certes, mais aussi de la vie. Sans tomber dans l'explication autobiographique, Thiéfaine utilise sans cesse le "je" (il dira "tu" plus volontiers plus tard, puis "on") et si son personnage n'est pas mort, il ne vaut guère mieux : dépressif ("le saint-empire"), alcoolique("maison Borniol"), toxico ("le saint-empire", "la fille du coupeur de joints"), raté et égoïste ("je t'en remets au vent", "la dèche, le twist et le reste"), il ne fait guère envie. C'est d'ailleurs pourquoi sa vie sentimentale est un désastre !!
Les locutions courantes sont détournées de leur sens, avec des métaphores qui tournent sur l'ensembe d'une chanson. Au lieu d'un train, c'est un ascenseur qui est annoncé, non sur un quai mais sur un palier. On "demande la main" d'une dame... pour la couper. Les personnages quotidiens prennent une tournure inquiétante : le surveillant général a un laboratoire (y torture-t-il les enfants ?), le fossoyeur souhaite le choléra et offre des réductions pour suicide collectif.
Bon week-end à tous, et que votre tête ne tombe jamais de son socle de rêves.
22:10 Publié dans La nostalgie de Dieu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : thiéfaine, musique
28.11.2006
The pope on the road
En voyage à Istambul, je me demandais : Comment se fait-il qu'Hergé n'ait jamais songé à s'inspirer d'une ville si éminemment romanesque et aventureuse, pour y placer les aventures de Tintin ?
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Hergé l'a manqué, Benoît l'a fait ! The pope circus se déplace en Turquie. Malin, après des propos provocateurs sur l'Islam ! Finement joué !
Franchement, c'est vrai qu'une guerre de religion, ça nous manquait ! Bizarre comme des gens qui sont censés prêcher amour et compassion, semblent se démener pour semer haine, mépris et soif de vengeance.
C'est étrange... Mais je dois avoir mauvais esprit.
Fox
17:55 Publié dans La nostalgie de Dieu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion


