15.03.2008

Politiquement incorrect

"L'homme politique, le roll-mops, etc...", occupe une place particulière dans l'album. Par son thème, très engagé, il casse le ton introspectif qui prévalait sur les chansons précédentes. Bien sûr, Thiéfaine ne nomme personne, mais les références sont nombreuses. Deux thèmes lexicaux se dégagent : la drogue (ou la politique vue comme une extase et une addiction) et la religion (ou la politique vue comme un faux espoir, une espérance mythique et illusoire). Cette chanson est à rapprocher de "La queue", ou le personnage Thiéfaine essaie vainement de trouver la vérité, que ce soit dans les sectes ou chez les philosophes. Comme souvent, la vanité des grands penseurs, des tribuns, des théoriciens, de tous ceux qui veulent imposer une vérité quelconque, est stigmatisée par un Thiéfaine plus solitaire que jamais.
Ainsi, par un jeu complexe de correspondances lexicales, le texte met en parallèle la volonté de puissance quasi-christique et messianique de l'homme politique ("le salut", "domestiquer nos envies", "rédemption", "contrôler") et son échec complet qui tourne eu grotesque et au ridicule ("combat foireux", "voies sans issue", "pissotières", "illusions", "coincé", "bouffon", "déroute"). Au final, les prétentions religieuses de sauveur du monde (Moïse et Jésus) tournent à l'addiction ("opium", "shoote", "dose", "overdose", "dealer") et à l'humiliation. On notera au passage la première apparition de la "reine" sanguinaire et dominatrice, qui reviendra dans "Lilith", "Sweet amanite" ou encore la "Reine noire".
Au final, je voudrais aussi me livrer au petit jeu des devinettes, sur le thème "de qui parle Thiéfaine ?". Pour l'homme politique, j'aurais bien suggéré De Gaulle.
450301871.jpgQuant au "Meinhof" qui clôt la chanson, je pensais qu'il s'agissait d'une allusion à Ulrike Meinhof, membre de la "Fraction Armée Rouge", groupe terroriste allemand d'extrême-gauche au tournant des années 70-80, plus connu sous le nom de "bande à Baader".
1391782204.jpgMais bon, si vous avez mieux comme idée, je suis preneur de vos suggestions !
 
Bonne soirée à tous, et bonne écoute de Thiéfaine !
 
Fox 

23.01.2008

Sous les pavés... Rien !

Retour maintenant sur la chanson "22 mai". Encore une fois, le terme de "chanson" paraît bien mal approprié. Voici plutôt un texte sur fond musical, une suite de réflexions baroques et absurdes portées par la musique.
Parlons-en d'abord, de la musique. Voici que débute, tel un avé, une profonde mélodie soutenue par les orgues. Elle s'accélère, vire, dévire et finalement dérape pour aboutir à une ligne de basse qui va tenir tout le morceau. Sur ce fond s'enchaînent solis de guitare, choeurs grégoriens et passages apaisants à l'orgue, Ces phases musicales variées servent d'enchaînement entre chaque couplet.
Que voilà donc de la bonne musique ! Pourtant, dès le début du morceau, quelque chose cloche, quelque chose ne va pas. En fait, cela ne fait pas "vrai", pas "sérieux", un peu toc et un peu cheap. Production rapide et légère ? Bien sûr, mais surtout esprit frondeur et sens du détournement jusque dans la musique. L'accompagnement musical est bien ici dans le ton parodique et décalé du groupe Machin. Tout au long du morceau, le rock et le grégorien sont passés à la moulinette. On peut penser bien sûr à Walter Carlos et au traitement qu'il fait subir à Beethoven par le biais de son orgue électrique dans la BO d' Orange Mécanique. On peut aussi penser, vu l'époque, à tous les groupes folk-babas-progressifs un peu chiants qui enchaînaient solis et structures de morceaux différentes dans des compositions interminables. 791df75e580a42170fc3ddf305f0a1a5.gif
Voila donc pour le musical : clarté de la basse, contraste entre les styles musicaux, expérimentation et parodie. Et un texte par dessus. Mais de quoi parle-t-il au juste, ce texte ? De mai 68, certes. De ces "événements" réduits au néant par Thiéfaine (voir la conclusion). Lors de sa tournée "en solitaire", Thiéfaine a  abondamment ironisé sur les fils de bourges se donnant des postures révolutionnaires pendant que lui n'était qu'un "révolté". Analyse bien pertinente sur le fond, car le phénomène ne fut pas bien grand ni bien long ! En revanche, la postérité de mai 68 est important car cette période a servi de révélateur quasi mythique : adoré par ceux qui l'ont "fait" comme un symbole de la libération de la société française, honni par les autres car représentant la permissivité, le mal et le péché. Ni l'un ni l'autre sans doute, mais après tout, chacun fait ce qu'il veut de ses souvenirs, chacun se trouve des idoles et des modèles à vénérer. Moi, en 68, je n'étais pas né...
Revenons au texte.
Ce qui frappe d'emblée, c'est son côté parodique et décalé. Il démarre comme un énoncé de problème, mais sans données fixes et fiables : on roule "à toute allure" vers "un point non défini". Détournement du vocabulaire de la géométrie, mise en scène d'un personnage peu commun et... accident absurde et irréaliste décrit avec une précision clinique. Après l'énoncé de problème, voici la parodie d'un rapport de police : "perd le contrôle", "percuter de plein fouet", "stationnement illicite". La troisième strophe enfin, finalise ce raisonnement absurde qui mélange l'espace et le temps et fait douter de la perception même des choses...

Car enfin, que s'est-il passé ? Un accident !
Pourquoi ? On ne sait pas (l'explication donnée n'est guère convaincante ;-))
Ou ? On ne sait pas !
Quels témoins ? On ne sait pas !
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Qui ? Tiens tiens, un séminariste à moto.
Hubert Félix Thiéfaine fit ses études au Petit Séminaire. Passionné de moto, il fut notamment victime d'un  très sérieux accident avant la sortie de l'album "Alambic Sortie Sud"... Non, en fait, ce fut le 22 mai 1968... Ah non, en fait, ce fut 10 ans plus tard à la sortie de son premier album...

Rares sont les textes qui mélangent la perception de l'espace en liant Hambourg, l'Amérique et la Chine sur une improbable autoroute. Rares sont les textes qui mélangent la perception du temps au point de parler au présent, du passé et du futur, de ce qui est et de ce qui sera... Pour ceux qui aiment David Lynch, je considère ce texte comme le plus "lynchien" d'Hubert. Ecrit bien avant les grands films de Lynch, mais c'est bien cela, l'avantage de mélanger le temps !

11.01.2008

Il n'avait pas oublié son cerveau...

Ah, la cancoillote... Curieux destin que celui de cette chanson !
D'abord parce qu'elle se rapproche davantage du style "folk parodique et rigolard" du groupe Machin, que de celui de HFT, même première époque. Elle est d'ailleurs devenue un "hit" du groupe Machin, sans doute leur chanson la plus connue.
Ensuite parce que la glorification qu'elle fait de ce fromage et de ses multiples utilisations, l'a quasiment transformée en hymne officieux de la Franche-Comté. Il faut dire que Cancoillote + Savagnin, ça le fait plus que bien !
Bon, assez rigolé, passons au sujet du jour :
"Les occitans ont Fos-sur-mer
Et les lorrains, Servan-Schreiber"
90ec756024c423b776736c84cf12a365.jpg Deuxième homme politique cité dans l'album, qui était Jean-Jacques Servan-Schreiber ? Né en 1924, il est issu d'une famille riche et influente. Polytechnicien, il choisit de devenir journaliste et est engagé comme éditorialiste au Monde dès l'âge de 25 ans. A 30 ans, il crée l'Express, journal anticolonialiste et libéral. Conseiller de Pierre Mendès-France lors du passage au pouvoir de ce dernier, il se fait une grande notoriété en dénonçant notamment la torture en Algérie. Dans les années 60, il transforme L'Express en news magazine, de nouveau avec succès. Proche de Mitterrand et de Giscard d'Estaing, il est au sommet de son influence. Son livre Le Défi américain, reste aujourd'hui le plus gros succès de librairie pour un essai politique. Le livre est traduit en quinze langues, se vend à des millions d'exemplaires partout dans le monde et est unanimement reconnu comme très brillant.
Sa carrière politique sera plus contrastée malgré d'indéniables succés comme son élection à Nancy. Brillant orateur mais piètre négociateur, il n'arrivera jamais à peser durablement et à s'installer au sommet. Président du parti radical "valoisien", il a participé à la fondation de l'UDF. Servan-Schreiber reste avant tout comme le prototype de l'intellectuel brillant, "agitateur d'idées" et novateur dans une France très conservatrice. Mais on manque de flair politique et son inconstance l'ont empêché de mener carrière.
Mort en 2006, il est le père de David Servan-Schreiber, connu pour ses ouvrages de médecine non conventionnelle.

06.01.2008

La fin du Saint-Empire : Pierre Mendès-France

"Jusqu'à l'école ou Mendès-France, venait nous donner la tétée"
In La fin du Saint-Empire Romain Germanique
Cette chanson a la particularité d'être farcie de références historiques (à commencer par son titre !). Première de ces références : Pierre Mendès-France.

d2cec7c618201b3342eb547c1d8f55be.jpgEn peu de mots : Homme politique français, qui fut notamment Président du Conseil (Premier Ministre de l'époque, avec davantage de pouvoirs) sous la IVème République. On lui doit notamment la décolonisation pacifique du Maroc et de la Tunisie et l'arrêt de la guerre d'Indochine. Leader du parti radical, il fut jusqu'à sa mort, une figure morale de la gauche, symbolisant des valeurs d'honnêteté, de grande moralité et de défense de l'intérêt général.
Il institue la distribution de lait dans les écoles en France en 1954. Elle s'inscrit dans la campagne menée contre l'alcoolisme auprès des enfants, appelant à substituer l'eau, le lait et les jus de fruits au vin, à la bière et au cidre. Cette action aux conséquences parfois imprévisibles (cela a encouragé la généralisation de la collation dans les écoles) est demeurée gravée dans la mémoire de nombreux enfants de cette époque.
 
 
  

24.10.2007

Moralisation de la vie publique, exemple pratique

Je n'avais point parlé de politique depuis bien longtemps, voici une occasion de me rattraper avec ce sommet de tartufferie et de cynisme proposé par le machin-chose qui a pour nom "Nouveau Centre".

Souvenez-vous : lors des dernières législatives, la plupart des députés UDF plient bagage et vont se rallier à Sarkozy. Jusque là, et malgré une certaine amertume de la part de Bayrou, c'est leur droit. La soupe est bonne à l'UMP et ces vils personnages ne font que perpétuer la tradition molle, veule et servile inhérente aux députés du centre ancienne manière. Sous la "direction" (quoique diriger soit un bien grand mot pour lui) d'Hervé Morin, ce "Nouveau Centre" aidé de l'UMP obtient de quoi constituer un groupe. Problème : il n'a pas atteint le seuil des 1 % des voix dans 50 circonscriptions, qui lui permettrait d'obtenir des financements publics. Souvenez-vous encore, Morin s'était illustré en présentant partout en France, l'ensemble de sa famille et même... son chauffeur. La mascarade fut peine perdue et le machin-chose n'obtint pas le quota requis.
Qu'à cela ne tienne : Nous n'arrivons pas à respecter la loi ? Changeons-là, et rétroactivement encore ! Malin... Habile, il suffisait d'y penser ! Proposition fut donc déposée en urgence et avec l'accord du gouvernement, pour faire accorder ce financement à toute formation ayant au moins 15 députés. 
Magnifique non ? Après bien sûr, on se plaindra du désintérêt des français à l'égard de la politique. Aux dernières nouvelles et devant le tollé de l'opposition et de diverses personnalités, l'examen de ce texte de loi a été reporté sine die. Mais faisons confiance à nos émérites "nouveaux centristes" pour ne pas lâcher cet os facilement. En fait, quand on n'a que ça à faire...
 Pour terminer, une petite photo de M. Morin. Il le mérite bien !
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Et aussi, un blog très très bien fait pour comprendre et apprendre : http://www.maitre-eolas.fr/index.php.

Moralité (si j'ose dire) : Il n'y en a pas ! 

08.05.2007

C'est à ne pas y croire !

Non vraiment, il des choses en ce bas monde, qu'on ne peut s'empêcher de trouver... étonnantes ! Prenons par exemple, ce soir d'élection... Et bien, en allant au QG de S. Royal, on aurait pu croire que c'était elle qui avait gagné... personne ne lui a donc appris la triste nouvelle ? C'est trop bête !
Et puis sinon, encore une chose presque incroyable : N. Sarkozy réalise ses meilleurs scores, dans les régions (Alsace, PACA) ou le FN avait autrefois ses bastions. Incroyable ! Quelle peut bien en être la raison ?? Je me perd en conjectures... Ah, et puis encore, tiens : les vieux auraient voté Sarkozy. Incroyable !
Mais le plus fort : d'après les dernières enquêtes, moins de la moitié de ceux qui ont voté Royal l'ont fait par réelle adhésion. Les autres ont surtout voté contre Sarkozy. Vraiment, je ne comprend pas :
- Une candidate si charismatique qu'on se croyait à la messe à chacune de ses apparitions.
- Une campagne si bien préparée et si bien menée qu'elle n'a commencé qu'en ... Mars, et encore !
- Un PS soudé au point que la primaire interne a été un festival de coups bas.
- Et, last but not least, un "programme" fourre-tout, qui a réussi à être réac de droite ET ringard de gauche à la fois...

ET TOUT CELA N'A SUSCITE AUCUNE ADHESION DE LA PART DES ELECTEURS ??? LES INGRATS, ils ne méritent décidément pas le parti socialiste !

D'ailleurs, en fait, ils s'en vont voir ailleurs... C'est à ne pas y croire !

21.04.2007

A J-1, quelques réflexions comme ça

Plus qu'une journée avant l'échéance. Je vote depuis 1988, c'est donc ma quatrième élection présidentielle. Mes premiers souvenirs remontent à 1981, bien sûr. J'avais 11 ans et je me souviens de la bringue phénoménale qui suivit l'élection de Mitterrand. C'était comme une vague d'espoir, un espoir fou et démesuré, destiné à être déçu, mais un espoir quand même. D'autres souvenirs encore : la campagne de 1988 et la semaine folle de la chiraquie : retour des otages, assaut d'Ouvéa, tout était bon pour frapper l'opinion. Cette année-là, nous avions surtout voté "contre" Chirac, qui nous semvlait le comble du fascisme et du libéralisme. Je me souviens aussi du score de Le Pen, qui semblait déja énorme et incongru. Les temps changent.
De 1995, j'ai surtout le souvenir d'une occasion manquée. Les socialistes, Jospin en premier, y croyaient trop peu. Pourtant, avec une campagne plus forte et une meilleure exploitation des rivalités internes à la droite, quelque chose était possible. C'est tout le problème de Jospin : bon gouvernant, bon homme d'état, mais piètre compétiteur politique. Il lui a toujours manqué cette façon de congner sur l'adversaire, cette envie de se mêler aux gens pour les convaincre. Je me souviens d'une collègue me disant, après 2002 : "aussi, quelle idée de présenter un quaker !" (allusion au protestantisme de Jospin). Oui, cette raideur l'a beaucoup desservi...
Cela étant, on peut quand même aussi saluer celui qui s'en va, en disant qu'il fut sans nul doute le pire président de la Vème République : pas de continuité, pas d'action réelle, pas de grand dessein pour la France. Des grands chantiers du quinquennat, le handicap en est sans doute la meilleure illustration : une loi complexe et boursouflée, des décrets d'application qui tardent, des structures technocratiques avec des tas de machins et de commissions Théodule, un manque criant de pilotage et de moyens sur le terrain. Ce fut Chirac, roi du verbe et du vent, qui ne dut son élection qu'au manque de gniaque des autres ou à la présence en face, d'une grosse bête immonde.

D'autres réflexions à venir, d'ici au vote... Bonne réflexion à tous !

29.03.2007

Pourquoi ?

Pourquoi, dans ce pays, le sentiment d'injustice est-il si fort, que le moindre contrôle de police peut dégénérer en émeute ? Pourquoi des voyageurs respectables se sentent-ils solidaires d'un contrôlé en fraude ferroviaire ? Pourquoi les contrôleurs, au quotidien, ne peuvent-ils opérer que protégés pas des policiers (authentique, je l'ai vérifié en région parisienne) ? Pourquoi des réflexes de solidarité anti-flics apparaissent-ils spontanément, bien au delà d'un cercle de "casseurs" si faciles à montrer du doigt ? Pourquoi des gens qui protestent (contre l'arrestation d'un sans-papier ou un  contrôle musclé) sont-ils frappés sans retenue ?
Parce que (questionnaire à choix multiple) :
- La politique démagogique, répressive et aveugle du ministère de l'intérieur, a coupé la police de la Nation qu'elle est censée protéger...
- La politique démagogique, répressive et aveugle du ministère de l'intérieur, a forcé les policiers à "faire du chiffre" au détriment de la prévention et du contact.
- La politique démagogique, répressive et aveugle du ministère de l'intérieur, a déclenché des réflexes de solidarité et de refus de l'autorité, même lorsque ses demandes sont légitimes.
- La politique démagogique, répressive et aveugle du ministère de l'intérieur, a engendré un climet de peur et de suspicion, ou chacun craint pour sa sécurité même s'il n'a rien à se reprocher.
- La politique démagogique, répressive et aveugle du ministère de l'intérieur, a provoqué une escalade de violence, car la force répond à la force.

Nous avons l'embarras du choix. Hésiterons-nous avant de voter ?

11.03.2007

Ami, entends-tu...

Ami, entends-tu... Le bruit sourd du démagogue en campagne ? Maurice Druon et Simone Veil, l'un résistant et l'autre déportée, sont-ils vraiment fiers lorsque M. Sarkozy fait du pied à l'électorat FN ? Il est vrai que, débordé sur sa gauche, il lui paraît vital de reprendre pied à droite. Mais peut-on me dire ce qui maintenant, distingue son preogramme sur l'immigration, de celui du FN ?
Ami, entends-tu... La récupération politicienne d'un chant de guerre, de révolte et de liberté, d'un chant qui n'appartient à personne. Mais "les politiques, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît". Les fins lettrés auront reconnu une citation de M. Audiard, quelque peu modifiée il est vrai !
Ami, entends-tu... Le néant des idées qui préside à cette campagne ? Je viens de regarder "arrêt sur images". L'occasion de dire que, même si les chroniqueurs sur parmi les plus agaçants qui se puissent trouver sur la planète média, cette émission contient davantage de propos intelligents que l'ensemble des JT de toute la semaine et des pseudos-émissions de "débat" type "j'ai une question à vous poser" ou "l'arène de France" (je les place dans le même sac, un sac à bouse !).
Bon, ou en étais-je ? Ah oui, à "arrêt sur images". Lors de l'émission, Judith Bernard a demandé à M. Cayrol, directeur d'un institut de sondages, si l'omniprésence de ces derniers n'empêchait pas un débat sur le fond, c'est à dire les programmes. Ce à quoi M. Cayrol a finement répondu en substance "vous avez raison, il vaudrait mieux pouvoir discuter du manque de fond et de cohérence des programmes des différents candidats". Et il a bien raison.

Maintenant, une grave question subsiste : Au fond, peut-être avons-nous juste la campagne électorale que notre pays mérite ! A pays mou, fade et avachi, campagne molle et fadasse...
Qu'en pensez-vous ?

07.02.2007

Paris-Province

medium_699pxbayrou.jpgTitre révélateur dans "le Monde" : "Bayrou joue la province contre Paris". Ah... Il y aurait donc dans ce pays, une fracture territoriale dont on ne nous aurait rien dit ! On nous cache tout !
Soyons quand même un peu sérieux : "Paris et le désert français", c'est une expression qui date un peu ! Il n'y a pas de capitale hyper-dynamique contre une "province" endormie, pas plus que la "province" ne détient la sagesse face au snobisme de l'intelligentsia parisinne... Mais ça marche toujours, et cela peut être une stratégie de campagne : je suis le petit, le sans-grade, donc je vous défend, vous les oubliés et les obscurs, vous les ruraux et les provinciaux, vous que les parisiens toisent avec mépris...

Alors, c'est vrai : Bayrou est un gars du terroir, éleveur de son métier. Son père était paysan (comme Juppé d'ailleurs), il a de la "paille dans les sabots" et il en est fier. Et il a raison. De là à en faire un argument de campagne...
Je suis fils de paysan, et fier de l'être. Je suis aussi banlieusard parisien, et heureux de l'être. J'aime les bons vins, les après-midi ensoleillées du sud-ouest, les promenades dans les marais, l'odeur du raisin. Et l'odeur du métro, et les cafés parisiens, et les kebabs de Saint-Denis, et le forum des halles. Le patois gabaye et la tchatche du Franc-Moisin, les gigues traditionnelles et le heawy metal, les gros blousons d'hiver et les costumes, les vieux fims français et les séries américaines, je lis Sud-ouest et le Parisien, et je suis assez heureux ainsi.

Quel besoin d'opposer ? D'ailleurs, est-ce vraiment ce que dit Bayrou ? Non, c'est ce qu'écrit en titre, le journal le plus tiède de la planète. La morale, c'est sans doute qu'il faut se faire sa campagne, sans se préoccuper ni des sondeurs, ni des journaux, ni des télés.

Moralité : 
Lisez mon blog, y'a que du bon dedans, et tout le monde est content !

Foxy

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