25.02.2009
Sous les pavés... Rien !
Retour maintenant sur la chanson "22 mai". Encore une fois, le terme de "chanson" paraît bien mal approprié. Voici plutôt un texte sur fond musical, une suite de réflexions baroques et absurdes portées par la musique.
Parlons-en d'abord, de la musique. Voici que débute, tel un avé, une profonde mélodie soutenue par les orgues. Elle s'accélère, vire, dévire et finalement dérape pour aboutir à une ligne de basse qui va tenir tout le morceau. Sur ce fond s'enchaînent solis de guitare, choeurs grégoriens et passages apaisants à l'orgue, Ces phases musicales variées servent d'enchaînement entre chaque couplet.
Que voilà donc de la bonne musique ! Pourtant, dès le début du morceau, quelque chose cloche, quelque chose ne va pas. En fait, cela ne fait pas "vrai", pas "sérieux", un peu toc et un peu cheap. Production rapide et légère ? Bien sûr, mais surtout esprit frondeur et sens du détournement jusque dans la musique. L'accompagnement musical est bien ici dans le ton parodique et décalé du groupe Machin. Tout au long du morceau, le rock et le grégorien sont passés à la moulinette. On peut penser bien sûr à Walter Carlos et au traitement qu'il fait subir à Beethoven par le biais de son orgue électrique dans la BO d' Orange Mécanique. On peut aussi penser, vu l'époque, à tous les groupes folk-babas-progressifs un peu chiants qui enchaînaient solis et structures de morceaux différentes dans des compositions interminables. 

Voila donc pour le musical : clarté de la basse, contraste entre les styles musicaux, expérimentation et parodie. Et un texte par dessus. Mais de quoi parle-t-il au juste, ce texte ? De mai 68, certes. De ces "événements" réduits au néant par Thiéfaine (voir la conclusion). Lors de sa tournée "en solitaire", Thiéfaine a abondamment ironisé sur les fils de bourges se donnant des postures révolutionnaires pendant que lui n'était qu'un "révolté". Analyse bien pertinente sur le fond, car le phénomène ne fut pas bien grand ni bien long ! En revanche, la postérité de mai 68 est important car cette période a servi de révélateur quasi mythique : adoré par ceux qui l'ont "fait" comme un symbole de la libération de la société française, honni par les autres car représentant la permissivité, le mal et le péché. Ni l'un ni l'autre sans doute, mais après tout, chacun fait ce qu'il veut de ses souvenirs, chacun se trouve des idoles et des modèles à vénérer. Moi, en 68, je n'étais pas né...
Revenons au texte.
Ce qui frappe d'emblée, c'est son côté parodique et décalé. Il démarre comme un énoncé de problème, mais sans données fixes et fiables : on roule "à toute allure" vers "un point non défini". Détournement du vocabulaire de la géométrie, mise en scène d'un personnage peu commun et... accident absurde et irréaliste décrit avec une précision clinique. Après l'énoncé de problème, voici la parodie d'un rapport de police : "perd le contrôle", "percuter de plein fouet", "stationnement illicite". La troisième strophe enfin, finalise ce raisonnement absurde qui mélange l'espace et le temps et fait douter de la perception même des choses...
Car enfin, que s'est-il passé ? Un accident !
Pourquoi ? On ne sait pas (l'explication donnée n'est guère convaincante ;-))
Ou ? On ne sait pas !
Quels témoins ? On ne sait pas !

Ce qui frappe d'emblée, c'est son côté parodique et décalé. Il démarre comme un énoncé de problème, mais sans données fixes et fiables : on roule "à toute allure" vers "un point non défini". Détournement du vocabulaire de la géométrie, mise en scène d'un personnage peu commun et... accident absurde et irréaliste décrit avec une précision clinique. Après l'énoncé de problème, voici la parodie d'un rapport de police : "perd le contrôle", "percuter de plein fouet", "stationnement illicite". La troisième strophe enfin, finalise ce raisonnement absurde qui mélange l'espace et le temps et fait douter de la perception même des choses...
Car enfin, que s'est-il passé ? Un accident !
Pourquoi ? On ne sait pas (l'explication donnée n'est guère convaincante ;-))
Ou ? On ne sait pas !
Quels témoins ? On ne sait pas !

Qui ? Tiens tiens, un séminariste à moto.
Hubert Félix Thiéfaine fit ses études au Petit Séminaire. Passionné de moto, il fut notamment victime d'un très sérieux accident avant la sortie de l'album "Alambic Sortie Sud"... Non, en fait, ce fut le 22 mai 1968... Ah non, en fait, ce fut 10 ans plus tard à la sortie de son premier album...
Hubert Félix Thiéfaine fit ses études au Petit Séminaire. Passionné de moto, il fut notamment victime d'un très sérieux accident avant la sortie de l'album "Alambic Sortie Sud"... Non, en fait, ce fut le 22 mai 1968... Ah non, en fait, ce fut 10 ans plus tard à la sortie de son premier album...
Rares sont les textes qui mélangent la perception de l'espace en liant Hambourg, l'Amérique et la Chine sur une improbable autoroute. Rares sont les textes qui mélangent la perception du temps au point de parler au présent, du passé et du futur, de ce qui est et de ce qui sera... Pour ceux qui aiment David Lynch, je considère ce texte comme le plus "lynchien" d'Hubert. Ecrit bien avant les grands films de Lynch, mais c'est bien cela, l'avantage de mélanger le temps !
22:36 Publié dans L'homme politique, le roll-mops et la cuve à mazo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion
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